Viet Nam novembre 2005 |
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Le grand départ ! Annette nous amène à Genève où nous arrivons vers 9 heures. C’est l’enregistrement, cet incontournable coup de poker : nos bagages vont-ils arriver au même endroit que nous ? Les paris sont ouverts, le responsable du guichet d’embarquement est plutôt septique, mais nous restons optimistes. Nous n’avons d’ailleurs pas d’autres choix. Anne-France est tendue comme une cata. De plus elle n’a pas de « détend Simone » malgré son énorme trousse à pharmacie qu’elle trimballe avec elle. L’aspi-venin n’est malheureusement d’aucune utilité dans ce cas là !
Nous arrivons sans encombre à Zürich et nous faisons la connaissance de l’une des participantes à ce voyage : Katharina d’Aigle. Et puis vers 13 heures 15, c’est l’embarquement dans un Boeing 747 de la compagnie Singapour Airline. Nous rencontrons dans l’appareil Jacques et Christine. Le groupe est donc au complet.
Il fait relativement chaud et je ne sais pas trop ou mettre mes grandes jambes. Anne-France rencontre également quelques problèmes organisationnels : ou va-t-elle bien pouvoir mettre son énorme sac ??? Un point très positif : les hôtesses sont ravissantes. Nous pouvons également compter sur une soixantaine de films video pour nous faire passer le plus agréablement possible les 11 heures de vol nécessaires pour rallier Singapour. Nous faisons là bas une escale de 2 heures. Lors de la phase d’approche (1), (2) on peut admirer une véritable flottille de navires devant le port. L’aéroport de Singapour est magnifique; de la moquette partout, des magasins de toutes sortes, des restaurants. Une véritable petite ville.
C’est enfin le départ pour la dernière étape et nous arrivons à Hanoi à 07h00 du matin heure suisse, 13h00 heure locale. Nous découvrons un aéroport assez moderne et constatons avec plaisir et un brin d'étonnement que nos bagages nous ont suivis jusque là !
Les formalités douanières effectuées, nous faisons connaissance avec notre guide Duong Xuan Trang (plus simplement appelé Tchang). Nous prenons ensuite le bus et départ direction Ha Long, notre première étape. Les premières images et impressions correspondent à ce que j’imaginais de ce pays. De la verdure, des rizières (1), (2), des moyens de transport se limitant à des vélos ou motocyclettes. Par contre il est un aspect assez étonnant, c’est l’architecture des maisons individuelles : très étroites, elles s’élèvent sur 1,2 ou 3 étages en campagne. Elle sont généralement très joliment décorées sur l’une des faces et si leurs propriétaires sont argentés, alors ce sont les autres côtés qui seront peints. Notre guide nous explique que l’Etat est propriétaire du terrain, qu’une personne désireuse de construire sa maison va devoir s’acquitter d’une sorte de droit de superficie et que les lots ont une largeur de 4 mètres sur 15. D’où la raison de ces maisons hautes et étroites.
Cette fin de journée voit notre arrivée dans la petite ville de Ha Long. Celle-ci est en plein développement touristique. D’immenses hôtels et casinos sont en construction en vue d’accueillir une clientèle essentiellement chinoise. Nous passons notre première nuit sur sol Vietnamien dans un très joli hôtel sur le bord de mer. (début)
Ce matin nous partons pour une croisière dans la baie d’Ha Long. Panorama grandiose envahit par une multitude de bateaux pour touristes. Cette flottille de bois part le matin à l’assaut de cette forêt de petites montagnes, de ce labyrinthe aquatique. A notre première halte, nous abordons une île (1) , (2), (3) sur laquelle on trouve une magnifique grotte très bien aménagée. Puis nous repartons, mon principal sujet d’étonnement et d’y découvrir la présence de villages flottants (1), (2), (3). Là vivent des pêcheurs dans ce qu’on pourrait appeler des fermes d’eau, des viviers garnis de crabes, de petits requins, de cigales, etc… Nous accostons une de ces îles flottantes et on nous présente les différentes bestioles énumérées plus hauts. Il est également possible d’en acheter, évidemment… Nous continuons notre petite croisière et arrivons sur un rocher appelé le « Belvédère ». Tchang nous donne le nombre de marches jusqu’en haut, mais j’avoue avoir oublié le chiffre et je n’ai pas pris la peine de compter. Au pied du rocher, une petite plage baptisée au nom d’un astronaute russe venu y faire trempette : Titop. Notre courageuse Katharina en profite également. Nous repartons pour une petite crique où le repas nous est servi. Nous sommes tout près du « Tunnel », passage qui comme son nom l’indique, transperce de part en part un rocher. Très rapidement, des barques sorties d’on ne sait où, viennent nous offrir les inévitables canettes de boissons ou quémandent quelques pièces contre la possibilité de prendre des photos. La journée se termine dans un petit resto de la ville de Ha Long dont le patron, originaire de Nouvelle Calédonie, nous raconte sa vie aventureuse dans l’armée Viet. Il a combattu les américains et les troupes du sud-vietnam entre 65 et 75 et a participé en 79, à la guerre contre la chine (à l’époque, la Chine faisait pression sur le Vietnam pour qu’il retire ses troupes du Cambodge). Ha Long est en plein développement touristique. De magnifiques hôtels et des casinos sont en construction. La prospérité que connaît la Chine aujourd’hui se répercute jusqu’à cette région. Les chinois sont les principaux clients de cette « industrie » nommée tourisme. (début)
Au programme de cette journée, Hai Phong, l’ancien port français et Hanoi la capitale. Les français ont créé le port de Hai Phong (1), (2), (3) de toute pièce, il n’existait alors qu’un petit village de pêcheurs. Cette ville peuplée aujourd’hui par deux millions d’habitants, est située sur l’embouchure du fleuve rouge qui doit son nom aux alluvions qu’il transporte en permanence. C’est un port fluvial, les bateaux remontent le fleuves sur environ quatre kilomètres. Avec notre arrivée dans cette ville, nous sommes confrontés à cette vie foisonnante et débordante qui caractérise ce pays. Des centaines de vélos et de mobylettes, pour ne pas dire des milliers, devant, derrière, sur les côtés de notre bus. Un concert incessant de klaxons accompagne en permanence ce flux ininterrompu. Mais point d’énervement, point de cri, tout est fluide et tout semble s’organiser tout seul. Nous traversons ensuite un marché (1), (2), (3), (4) à pied. Malgré l’exiguïté de la rue, malgré le débordement des marchandises sur le trottoir et sur la route, nous sommes toujours entourés de ces innombrables motos et vélos qui se faufilent à grand coups de klaxons. On tue les poissons à même le sol, coquillage et crustacés baignent dans des cuvettes en plastique, de la viande, des cœurs, des abats s’offrent à nos yeux quelques peu épouvantés et dégoûtés. Après tout, nous sommes suisses !
Mais, partout, beaucoup de sourires et de rires sur les visages que nous croisons.
En fin d’après-midi, nous prenons la route direction Hanoi. Nous profitons d’une petite halte en chemin pour apprécier le calme et le silence de la campagne. Quel contraste avec l’agitation de la ville ! la verdure environnante et la beauté de cette campagne cultivée comme un grand jardin potager, nous fait du bien et nous apporte un peu de sérénité. Paysans pieds nus dans les rizières, porteurs d’arrosoirs, buffles tirant les herses (1), (2), (3) étoiles de noël en arbustes et aussi et surtout, les sourires et les rires de ces cultivateurs, sont les images qui remplissent nos têtes quand nous reprenons la route.
Notre arrivée à Hanoi en fin d’après-midi dépasse en matière de circulation, tous ce que nous avons déjà pu découvrir jusqu’à aujourd’hui. Celle-ci est impressionnante de bruit des klaxons et de circulation. Des milliers de motocyclettes et avec en prime, de voitures ! La fluidité du trafic s’en ressent singulièrement. A la tombée de la nuit, nous allons faire quelques pas dans la ville. Les échoppes débordent de marchandises, tout se répand sur les trottoirs. Les piétons vont sur la route, les vélos et motos sur le trottoir, c’est un véritable gymkhana ! Angoissant et périlleux. Nous organisons une retraite rapide à l’hôtel. (début)
Aujourd’hui la visite de Hanoi, ville de 4 millions d’habitant est au programme. A tout seigneur, tout honneur, nous commençons par découvrir le mausolée de Ho Chi Minh. (2) (3). L’histoire contemporaine Vietnamienne fut véritablement tourmentée et celui que les vietnamiens surnommaient familièrement, l’Oncle Ho y tint une place très importante. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que je découvre l’endroit où le révolutionnaire a passé une partie de sa vie. D’une nature très simple, il préférait une dépendance de l’ancienne maison des gouverneurs français, devenu par la suite le palais présidentiel, au faste de celui-ci. Nous découvrons son bureau orné des portraits de Karl Marx et de Lénine, la cuisine et le spartiate lit en natte. Plus loin sont exposées deux voitures : la première, cadeau des Français, est une vieille peugeot 404, la deuxième une Moskwa, présent des grands frères Russes. A la question de savoir laquelle allait le mieux, quelle était la préférée, Chang notre guide rigole et explique que la Moskwa a fonctionné durant une semaine.
La maison des gouverneurs, belle bâtisse d’un jaune soutenu, héritage des Français était réservée à la réception des personnalités. Aujourd’hui elle est la résidence du Président du Viet Nam.
Le Mausolée est digne des fastueuses réalisations soviétiques : froid, austère, grand, dénué de toute beauté. Il y flotte des drapeaux rouges et sur ses flancs sont disposés deux immenses banderoles aux slogans vantant la gloire de l’Oncle Ho. Deux soldats tout de blanc vêtus, montent une garde silencieuse et immobile devant la porte menant à la sépulture et à la momie. Au dire de Chang, il n’est pas sur que Ho Chi Minh eut apprécié son tombeau ! Il aurait souhaité que ses cendres soient répandues dans les trois régions du pays. Mais sa mort étant intervenue avant la réunification, cette dernière volonté n’a pas pu être réalisée.
Puis de la religion « communiste » nous passons au Bouddhisme et à ses multiples variantes comme le Taoïsme de Lao Tseu et Confucianisme du sage chinois Confusius. Plusieurs temples et Pagodes (1), (2), (3), (4) se visitent à Hanoi. Tous ces endroits sont chargés d’histoire et d’anecdotes. Chang réussit très bien à nous captiver malgré la complexité de cette religion. Je garde un souvenir particulier du Palais de la Connaissance (1), (2), (3) Cette université avant la lettre où dès 1070, les Mandarins issus des familles princières et les religieux venaient se former et apprendre la littérature et les sciences. A noté que des jeunes gens méritants issus des couches sociales moins favorisées avaient aussi l’opportunité d’accéder à cet enseignement, (toutefois les places étaient chères).
Dans la cinquième cour du Palais, un orchestre traditionnel composé de femmes uniquement, joue de la musique vietnamienne. Agréable et mélodieuse, ces mélodies traditionnelles jouées avec des instruments typiques nous ont permis de vivre un grand moment, de découvrir un joli tableau tout à fait original : Anne-France a eu le privilège de porter le chapeau ! Elle s’est retrouvée ornée du magnifique couvre chef traditionnel que portent ces jeunes chanteuses, sorte de grand gâteau en paille tressée. Inutile de dire combien elle était enchantée! D’autant plus que j’ai eu le temps de faire quelques photos.
Du calme spirituel du Palais de la connaissance, nous nous replongeons dans le fracas de la foule et de la circulation et entreprenons un petit voyage en cyclo-pousse (1), (2), (3). C’est une impressionnante sensation de flotter sur un fleuve de mobylettes qui nous saisit. C’est en approchant des croisées (1,5 MB) que la peur se fait la plus vive et pressante ; on hésite entre fermer les yeux, faire une prière ou sauter en bas du véhicule ! Et à notre grand étonnement, tous se déroule sans accroc ! On se croise, s’entrecroise sans heurt, comme du liquide qui s’écoule. Les rues sont foisonnantes d’activités, les échoppes débordent de partout sur les trottoirs où les gens sont assis, boivent le thé, marchandent, commercent à tout va. Il y a la rue de épices, celle des ferrailleurs, des vendeurs de chaussures, des vendeurs d’habits, etc… Dans chacune on découvre une nouvelle odeur. On pourrait facilement se situer les yeux fermés tellement les odeurs sont spécifiques.
Le soir nous assistons à un spectacle annoncé comme unique au monde : Les marionnettes sur l’eau. J’avoue que celui-ci m’a laissé quelque peu indifférent ! (début)
Levé très matinal à l’occasion de notre transfert à destination de Hué : 04h00 ! Ce matin, nous faisons nos adieux à Chang qui nous a accompagné ces trois jours et à su nous captiver en nous apprenant beaucoup de choses sur l’histoire du Nord Vietnam, anciennement le Tonkin. Sa compagnie fut très agréable et efficace.
Après un vol d’un peu plus d’une heure, nous débarquons assez tôt sur l’ancien aéroport militaire de Hué. On constate assez rapidement quelques différences d’avec le Nord. Notamment dans les bâtiments et la météo ! Notre arrivée est accompagnée par une petite pluie fine qui donne un ton gris à la campagne environnante, aux routes et aux maisons. Hué se situe en dessous du 17e parallèle, zone qui partageait le pays en deux il y a encore 30 ans. Cette région fut le théâtre de violents affrontements et ici ou là on peu encore voir quelques bunkers.
Nous avons une très bonne surprise en arrivant à notre hôtel, le Huong Giang Hôtel : c’est un 4 étoiles. Il se situe sur les rives de Ta Trach, plus connue sous le nom de la Rivière des Parfums.
Nous faisons connaissance avec notre nouveau guide et je profite d’un moment de temps libre dans notre emploi du temps pour écrire la trentaine de cartes postales que nous avons prévu d’envoyer et pour déguster une bonne bière locale dans le magnifique hall de l’hôtel.
Après le dîner, nous partons à la découverte de la Cité Impériale (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7) modèle réduit de celle de pékin. Les affrontements entre les Français et les Vietminh entre 45 et 47 et plus tard, en 68, les bombardements américains ont provoqué d’énormes dégâts. Beaucoup de bâtiments composant cette cité ont été complètement détruits et d’autres furent très endommagés. Aujourd’hui, un programme de reconstruction a été entamé, et ceci avec l’aide de l’Unesco. Il est habituel de présenter Hanoi comme la capitale politique du Vietnam, Saigon la capitale économique et Hué quant à elle la capitale historique, le lieu choisit par l’empereur dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom, pour édifier en 1800 la Cité Impériale. Nous apprenons le fonctionnement de la cour des empereurs et l'existence de leurs dizaines de concubines, les petits fripons! Si le premier empereur a assis son pouvoir avec l'aide d'un missionnaire français, les relations entre l'autorité impériale et les forces d'occupations françaises se sont par la suite singulièrement détériorées. Les français avaient donc réussi la gageure de se mettre sur le dos le pouvoir en place et les forces révolutionnaires. Bravo!
Petit tour ensuite dans un marché (1), (2), (3) Fortes odeurs et scènes peu ragoûtantes nous accompagnent durant cette brève incursion dans ce qui nous donne une image de que nous pouvons imaginer du moyen-âge. Anne-France ne souhaite pas renouveler cette expérience! Pour ma part, c'est plutôt la promiscuité de ces centaines de personnes se bousculant dans ce marché, qui m'oppresse. (début)
Ballade de deux heures sur la rivière des parfums. Nous partons de Hué et faisons deux haltes en cours de route. A la Pagode de Thien Mu (1), (2) et au très beau tombeau du roi Minh Mang, (2), (3), (4), (5). De son vivant, le monarque avait fait de son futur tombeau, sa résidence pour le week-end. Il s'y rendait en compagnie de ses concubines. On a d'ailleurs pu admirer la couche, au demeurant très inconfortable et très peu isolée phonétiquement et visuellement, sur laquelle il honorait ses favorites.
Ici ce n'est pas la guerre qui a fait des dégâts, mais la chaleur et l'humidité. Le site est également en cours de restauration. Depuis le débarcadère jusqu'à l'entrée du site, les inévitables vendeurs de cacahuètes et des innombrables canettes de bières, pepsi et autres coca, nous proposent leurs victuailles avec plus ou moins de succès. Depuis notre arrivée au Vietnam, ce sont avec les mobylettes, ce qu'on a le plus vu: des canettes en aluminium! On les trouve partout, du quatre étoiles au plus petit des canis.
Moment très calme et reposant que la remontée de cette rivière des Parfums sur ce petit bateau. Tout au long du trajet, nous avons pu observer le travail des dragueurs de fond (1), (2), (3) qui remontent sable et cailloux qui se déposent sur le lit du fleuve. Ces bateaux d'une quinzaine de mètres de long sont munis d'un treuil actionné actionné par deux personnes avec les mains et les pieds et qui remonte la drague qui est fixée au bout d'une perche qu'une troisième personne avait préalablement enfoncé dans le sable. Ils chargent ainsi jusqu'à la dernière limite leurs chalands et acheminent leur « récolte » jusqu'au centre de collecte. Le retour se fait en bus dans une région vallonnée et verte. A un moment donné, nous croisons le chemin du TGV! Et oui, ils en ont un aussi, simplement les lettres ne n'ont pas le même signification, il faut lire Train à Grande Vibration! Une seule et unique voie ferrée traverse le pays du nord au sud.
L'après-midi, nous entamons un trajet d'environ 150 km direction Hoi An via Da Nang. Cette dernière fut le port utilisé par l'armée américaine durant son « agression » (ça y est, je l'ai dit..!!) entre 1965 et 1972. On y accède depuis Hué par le col des Nuages qui porte admirablement bien son nom: en effet, pluie fine, brouillard et zéro visibilité nous accompagnent pour son passage.
Auparavant, nous avons effectué une petite halte sur une plage. Des magnifiques rouleaux y déferlaient. J'imagine qu'ils auraient fait le bonheur d'un grand nombre de surfeurs. Plage immense et vide, s'étendant à perte de vue. Notre arrivée à Hoi An se fait dans la nuit. Nous suivons une petite route, étroite et toujours remplie de motos et de vélos souvent sans lumière. Coups de klaxons et dépassements téméraires entretiennent chez nous une angoisse sourde et latente. L'effet est saisissant et surtout effrayant. Nous terminons notre périple en écrasant finalement qu'un chien et arrivons dans un hôtel ravissant d'un style très original mais faisant tout de même très couleur locale. Et puis dans la chambre, lits à baldaquin avec moustiquaire et suprême raffinement: des peignoirs en soie sont à notre disposition: le pied! (début)
Réveil matinal et me voici en vadrouille dans « la » rue de Hoi An. C'est une jolie petite ville « campagnarde » calme. Imaginez que je n'ai entendu que quelques coups de klaxons! Je m'imprègne là d'une ambiance très Vietnamienne. Je longe la mairie où trône un gigantesque portrait de Ho Chi Minh. Puis suivent les inévitables échoppes. Du traditionnel restaurant ambulant offrant le déjeuner à même le trottoir où, à l'abri rudimentaire d'une bâche, sont disposés un cageot en guise de table et de petits sièges en plastic, qui chez nous sont utilisés par les enfants pour la « dînette ». En passant par le coiffeur et le vendeur de canettes. Signe du passage des américains il y a 30 ans, on trouve d'immenses salles de billard et ici ou là, des drapeaux américains recouvrant les sièges de quelques rares voitures. Et tout au long de la rue, des visages souriants et de joyeux « hello ». Les filles sont très jolies dans leurs sublimes tuniques de soie. Elles ont un charme particulier quand elles conduisent leurs vélos, bien droites sur leurs selles. Cela change d'avec « nos » cyclistes tout courbés sur leurs vélos de course.
Puis nous faisons ensuite une visite très intéressante dans une filature de soie, avec culture de vers à soie (1), (2), (3). C'est la première fois qu'il m'est donné de découvrir l'ensemble du processus, soit de la ponte des oeufs à la filature en passant par la cuisson des cocons afin de prélever la soie plus facilement. La Nature au service de l'homme! Et en plus pour faire des belles choses, ces vêtements en soie sont vraiment magnifiques. Nous avons bien sur la possibilité de passer commande. Pour d'anciens communistes, ils ont drôlement vite appris...
Après le déjeuner, nous visitons le Hoi An touristique (1), (2), (3), (4), (5), soit la vieille cité complètement aménagée pour le plus grand bonheur des touristes. Des monuments anciens comme le pont construit par les japonais en 1570, agrémentent les rues de la ville. Comptoir portugais d'où partait épices et pierres précieuses, cet ancien port a connu ensuite une période japonaise puis chinoise et enfin française. Aujourd'hui on y vend des babioles en tout genres destinées à encombrer les étagères dans le salon des visiteurs étrangers.
En fin de journée, c'est le retour sur Da Nang avec au programme, la visite du musée Cham. Construit en 1915 par les français, il abrite une importante collection des vestiges de la civilisation Cham. Ce peuple a régné jusque vers 1500 après JC dans la partie centrale du pays. Largement influencée par l'hindouisme, il a laissé d'importants vestiges dédiés aux diverses divinités Hindoues. Au début du siècle, les français ont beaucoup étudié cette civilisation aujourd'hui disparue. Nous parcourons ce musée avec quelques lassitudes: fin de journée, indigestion de noms des multiples divinités, de croyances, de légendes font que nous le parcourons peut-être un peu vite...
Puis direction l'aéroport pour notre départ à Saigon dont le nom officiel est ne l'oublions pas, Ho Chi Minh Ville. Chaude ambiance à l'intérieur de hall d'embarquement où un match de football est retransmis en direct et il semblerait que le Vietnam soit en train de gagner. A notre arrivée dans ce qui est bel et bien la capitale économique du pays, nous sommes accueillis par Quong, notre troisième et dernier guide pour le voyage. Durant notre trajet en direction de notre hôtel, nous constatons rapidement l'envolée économique de cette ville de 8 millions d'habitants. Nous y retrouvons évidemment des milliers de motocyclettes, mais aussi et c'est là une différence d'avec le reste du pays, passablement de voitures. Des lumières, des enseignes, des buildings aux vitrages étincelants; bref, une métropole moderne et grouillante de vie. Sur l'une des artères principales reliant l'aéroport au centre ville, le gouvernement oblige les riverains à se retirer de 4 mètres du bord de la route afin d'élargir celle-ci pour y faciliter la circulation. Ils ont six mois pour obtempérer et démolir la partie de leur habitation devenue illicite. Il faut dire qu'ici le sol appartient à l'Etat et qu'il est « prêté » à la population contre une sorte de droit de superficie évidemment. Par conséquent, l'état peut de tout temps reprendre possession de son bien! Les prix à verser au gouvernement pour bénéficier de ce droit de superficie, se monte à 700$ le m2 à Da Nang, ils tournent ici aux alentour de 1200$ à 1500$ le m2. En somme, l'Etat récupère en direct les bénéfices de la spéculation sans passer par les impôts comme chez nous, mais en exerçant ce droit. Ce qui finalement, revient au même: à la place que ce soit des promoteurs qui se « sucrent », ce sont les fonctionnaires et les dirigeants du pays! (début)
Il est 06 h 00, Saigon s'éveille!
Et avec le réveil, c'est la gymnastique qui commence. Des « Saigonnais » de tous âges, s'oxygènent et font des exercices ou du yoga. Afin de ne pas dépareiller, je refais une fois le tour de la place de l'opéra en imprimant à ma respiration un rythme de gymnaste. Hier soir, en prenant possession de nos chambres, nous avons été frappé par le brouhaha continu de la circulation qui règne ici. Nous sommes au troisième étage de l'hôtel Continental, et la rumeur de la rue monte jusque vers nous. On domine la place se trouvant devant l'Opéra, et c'est une véritable attraction que de regarder ce trafic ininterrompu. Ce matin, tout était relativement calme jusque vers sept heures, puis le rodéo a recommencé d'une manière plus sérieuse. Dans les chambres, et d'ailleurs partout ailleurs, les climatisations ont remplacé les vieux ventilateurs contribuant ainsi à maintenir et à accentuer cette sourde rumeur. Grosses différences par rapport au nord du pays: la chaleur et l'humidité. Cette chaleur moite et collante va nous accompagner tout au long de la journée j'en ai peur.
La population du Vietnam a plus que doublé ces trente dernières années, dépassant aujourd'hui les 80 millions d'habitants. Il y a presque deux tiers de femmes pour un tiers d'homme. Conséquences de plus de trente années de guerres! De la guerre, il en est question avec notre guide dont le papa, qui a servi dans le « mauvais » camp, a effectué vingt années dans un camp de rééducation. Quong lui même, dont la formation est acuponcteur, n'a jamais pu exercer du fait de l'engagement de son papa au sein de l'armée du sud. Il nous explique aussi, la corruption et la main mise du gouvernement sur l'industrie touristique (Saigon Tourist, principale société touristique au Vietnam est aux mains de fils du premier ministre). Par rapport à certains commentaires (ou aussi non-commentaires!!) entendus dans le Nord du pays, il est indéniable qu'il existe encore une certaine fracture entre ces deux régions. A Saigon, pas l'ombre d'un vétéran orné de son casque militaire, alors qu'à Hanoi, on en croise par dizaines. Dans les librairies également on constate des différences: au nord, ce sont des biographies de Ho Chi Minh, des ouvrages sur le grand frère soviétique qui ornent les étalages: Tandis qu'ici on trouve beaucoup de livre américains traitant de cette défaite visiblement encore pas complètement digérée. Quand nous faisons part à Quong de l'étonnement que nous éprouvons vis-à-vis de sa relative liberté d'expression, il nous explique que celle-ci date de l'apparition d'internet dans le pays il y a environ trois ans. Ce moyen de diffusion de l'information est devenu incontournable pour le gouvernement et contribue à une certaine ouverture forcée. Quong ne désespère pas de voir un jour son pays devenir une vraie démocratie.
Après le déjeuner, nous prenons le bus direction le Mékong. Nous traversons une bonne partie de la ville, et découvrons après les buildings rutilants, un secteur de la ville un peu moins attrayant. Tôles, plastiques et vielles planches en bois étant les principaux matériaux de constructions utilisés dans ce quartier de l'agglomération. Quong nous explique qu'un vaste projet de modernisation et d'assainissement est en cours ici, mais constate plutôt amèrement, que le gouvernement ne fait que déplacer le problème. Les bidonvilles se reconstruisant presque instantanément en d'autres endroits.
Nous arrivons enfin dans la petite ville de My Tho, située dans le delta du Mékong. Le Vietnam possède environ 220 km des 4500 que compte le célèbre fleuve. A l'endroit où nous sommes, il est très large et des îles se sont formées avec les alluvions qu'il transporte. Ce sont trois d'entres elles (1), (2), (3), (4), (5), (6) que nous allons visiter maintenant. Le bateau qui nous y emmène est très bruyant et le Mékong (1), (2) pas plat! On remarque même que la marée se fait sentir jusqu'ici, soit à plus de 50 km de la mer, les vagues remontant le fleuve. Sur les îles, nous visitons des cultures de fruits en tous genres, inconnus par moi jusqu'à ce jour et découvrons le processus de fabrication du caramel de noix de coco ainsi que de l'alcool de riz.
Sur la route qui nous ramène à Ho Chi Minh Ville, la vie foisonne de partout: petits commerces, vendeur d'ananas, petits bistrots, mais aussi nouvelles industries et dépôts tout neufs, etc... La route est ici un ruban économique. Et puis en arrière plan, la campagne avec d'immenses plaines où domine la culture du riz. Et naturellement, toujours ces milliers de mobylettes!
Le soir, souper traditionnel vietnamien avec chants et danses. Ce n'est pas ce genre de chose que je suis venu chercher ici!! Je me sens dans la peau d'un japonais que l'on débarque à Lucerne et à qui on offre une fondue et de la youtze. Point positif tout de même, le charme des jeunes danseuses. J'espère que les japonais ont droit aussi à des jolies Lucernoises! (je sais qu'il en existe..!!)
J'allais encore oublier quelques chose: une tentative d'assassinat dont j'ai failli être la victime. Je voyais le danger plutôt dans les milliers de motocyclettes qui tentaient de nous renverser à chaque fois que nous voulions traverser la route. Et bien je me trompais, l'ennemi était plus proche! Plus sournois! Le danger plus insidieux! Et oui, Anne-France m'a attaqué avec son appareil de photos! Le résultat fut un gros hématome sur le front et semblerait-il relativement peu de remords de la part de l'agresseur! J'imagine que ce doit être de ma faute et que mon front n'aurait peut-être pas du se trouver là! (début)
Dernier jour sur sol Vietnamien. Nous partons pour une petite visite des quelques endroits célèbres de la ville. Du passage des français on peut mentionner notre hôtel, le Continental, qui a su garder un certain charme rétro. Il est situé en face de l'Opéra, monument également construit par les français ainsi que l'église Notre Dame, réplique approximative de celle de Paris, édifiée en briques rouges importées de Toulouse. Mais c'est surtout le bâtiment abritant la poste (1), (2), (3), (4), (5) qui restera dans nos mémoires. Construit sur la base de plan dessiné par Gustave Eiffel, c'est incontestablement un petit chef-d'oeuvre qui à lui seul vaut le passage à Saigon. A l'intérieur, notre guide nous montre un vieux Monsieur, retraité de la Poste vietnamienne, qui vient ici tous les jours et qui traduit les lettres des personnes désirant correspondre avec l'étranger. Pour l'essentiel, ces sont des lettres de jeunes filles soucieuses de trouver un mari hors de ce pays. En raison de l'importance des communications dans un conflit, cet endroit a été le théâtre d'affrontements assez violents lors de la libération. Deux statues encadrant l'entrée et représentant des soldats Vietnamiens, sont là pour nous le rappeler. D'autres vestiges du temps des colonies reconnaissables à leur couleur jaune et leur architecture particulière sont visibles ici ou là.
Du temps des américains, plus grand chose à voir, si ce n'est deux endroits historique: le Palais présidentiel avec ses grilles rendues célèbres par le char Nord-Vietnamien qui les arrachait. Et puis naturellement, l'ambassade américaine qui n'a plus rien à voir avec le bâtiment immortalisé par le ballet des hélicoptères qui évacuaient son personnel lors de la chute de Saigon.
Mis à part ces sites remplis d'histoire et le charme quelque peu rétro de certains quartiers populaires (1), (2), (3). cette ville très commerciale, n'offre à mes yeux qu'un intérêt plutôt mitigé.
Le temps du départ est arrivé et nous prenons congé de Quong. Nous décollons ensuite pour Singapour pour un transit d'environ trois heures. Puis départ pour Zürich avec en prime pour notre arrivée, neige et froid de canard. Nous avons tout de même le plaisir de survoler une suisse romande toute blanche.
Ainsi se termine notre voyage au Vietnam. Avec pleins de souvenirs dans la tête et dans la mémoire de nos appareils de photos. J'espère que ce voyage virtuel vous a plu et qu'il vous a permis de vous évader en restant les pieds dans vos pantoufles.
A bientôt.