Mercredi 13 juin: Envol cet après-midi sur SAS à Genève en direction de Stockholm pour un petit séjour de quatre jours en Suède. Nous accompagnons une délégation du district 102 W sur les terres d'origines de son gouverneur: Robert. Je me fais une joie de découvrir une partie de ce pays qui m'a toujours attiré. Le départ de Genève se fait dans un ciel presque dégagé des nuages qui l'ont encombré ces derniers jours.
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Nous survolons une Allemagne bien chargée en nuages sur sa partie sud, mais débarrassée de toute nébulosité dans sa partie nord. Un vol d'une durée de deux heures trente nous emmène tout droit au dessus de la capitale suédoise où nous attend un soleil radieux. Il n'est pas le seul à l'être, le sourire de robert l'est également, lui qui nous accueille dans le hall de l'aéroport. Une fois sorti de ce qui inévitablement ressemble à tous les aéroports du monde, nous prenons la route en direction de l'une des 21 provinces que compte le pays: la Dalécarlie, (en suédois Dalarna) située au centre de la Suède à environ 300 kilomètres de Stockholm. Notre but est plus précisément Tällberg, petite bourgade située au sud du lac de Siljan. |
Tout au long de la route, nous découvrons une Suède de dépliants touristiques avec ses étendues de forêts de pins et de sapins, ses îlots de bouleaux souvent perdus avec quelques rochers au milieu d'immenses prairies, de champs de blé ou d'orge. Nous pouvons admirer également ses si jolies maisons de bois toutes de rouge vêtues se détachant par la même d'une manière très harmonieuse dans les plaines verdoyantes. Elles semblent si semblables qu'on dirait qu'un seul et même architecte s'est occupé de leur construction. Mais de plus près, on peut découvrir chez chacune une multitude de particularités, de détails faisant de chaque construction une maison unique et à mon goût, fort sympathique. Au fil des kilomètres, se succèdent donc forêts de raisineux, immenses plaines, jolies petites maisons et ... lacs! Déjà du haut du ciel en survolant le territoire suédois, il nous a été donné d'apprécier la quantité de lacs qui parsèment la Suède. Du petit étang à l'immense plan d'eau, nous en croisons des dizaines chemin faisant. Le pays en compterait environ 96'000! Un chiffre qui donne le vertige! Accroché à leur rive on retrouve évidemment les jolies maisonnettes décrites plus haut, munies pour certaines d'un petit ponton auquel s'accroche souvent une vieille barque.
De temps en temps, on passe à côté d'une prairie qui soleil oblige, est fraîchement fauchée, démasquant ainsi la présence de bétail. J'imaginais découvrir plus de vaches, mais finalement nous n'en voyons que très peu. Nous croisons par contre pas mal de chevaux, pour certains solidement encadrés par des barrières blanches près des maisons et pour d'autres perdus dans d'immenses parcelles.
Nous arrivons à destination au bout de trois heures de route, affamés, mais heureux de ce périple. L'hôtel Dalécarlia nous ouvre ses portes. Suspendu à une petite colline au dessus du lac Siljan, il nous permet de découvrir un paysage boisé et verdoyant et d'embrasser du regard le plan d'eau qui s'étend à nos pieds. Cependant, il nous reste le plus étonnant à découvrir: nous sommes à dix jours de la nuit la plus courte de l'année et cet aspect de l'astronomie qui régit les mouvements de notre planète, se traduit sous cette latitude et à cette époque par une nuit quasi inexistante. Cette constatation ne cesse de m'étonner et lorsque vers minuit nous nous rendons au lit, le soleil a certes disparu derrière l'horizon, mais un clair-obscur règne en lieu et place d'une nuit qui n'a plus droit de visite. (le panorama ci dessous a été pris vers 23h30!).
Jeudi 14 juin 2007: Le soleil brille déjà de tous ses feux à mon réveil, mais je distingue de longues traînées de nuages vers le sud peut-être annonciateur d'ondées pour la journée. Il règne un calme olympien dans cette partie de pays et tout ici respire la tranquillité! Une nature mi-sauvage, mi-domestique règne en maître. Je pars à la découverte du petit village de Tällberg et de ses environs et mes pas me guident sur un petit sentier qui s'étire en direction du lac. Le sol de la forêt est tapissé de mousse et de bruyère. La marche y est agréable et le sol est rendu souple et meuble par les aiguilles des sapins et des pins. Je me rends compte qu'il ne doit pas être très difficile de se perdre dans ce dédale d'arbres et de buissons, aussi je m'efforce de suivre attentivement le sentier en espérant toutefois qu'il ne me conduise pas à l'autre bout de la Suède. Des traces du passage des bûcherons sont visibles un peu partout autour de moi. Le moins que l'on puisse dire est que ce métier a de l'avenir dans cette contrée. Le silence n'est interrompu que par les rafales de vent qui font bruisser les feuilles des bouleaux, des aulnes mais aussi de quelques frênes. En m'approchant du lac, c'est également le bruit des vagues sur le rivage qui se fait plus présent. Et en retournant vers le village, je croise le chemin d'une cabine téléphonique richement décorée de peinture. J'avoue qu'il m'a fallu un moment pour en trouver l'entrée...
Il est temps que je retourne à l'hôtel pour le déjeuner et prendre part aux activités de la journée. Celles-ci vont nous conduire dans un premier temps à Mora, petite ville située plus au nord toujours sur les rives du lac Siljan et célèbre entre autres puisqu'elle constitue le point d'arrivée de la célèbre course de la Vasaloppet. Cette course a puisé son origine dans l'insistance de l'homme qui allait devenir le roi Gustav 1er, dans son entreprise à vouloir libérer la Suède du joug des Danois. Là ne s'arrête pas sa renommée, elle abrite également la maison du plus célèbre des peintres suédois: Anders Zorn. Aujourd'hui transformée en musée, sa maison nous permet de comprendre ce que devait être à une certaine époque la vie dans ces régions relativement reculées et montre comment le peintre était féru des nouveautés technologiques. Une fois fortune faite, celui qui avait parcouru l'Europe dans le but de perfectionner son art avait également ramené de ses voyages toutes les nouveautés « high-tech » qu'il avait eu l'occasion de découvrir: il se paya une ligne électrique, importa un frigo, fit installer un chauffe-eau, équipa la maison de téléphones, etc... le chauffe-eau était tellement innovant qu'il a fallu plusieurs années avant que le personnel de maison puisse en maîtriser complètement le fonctionnement.
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Dans la dernière pièce que nous visitons, nous pouvons nous imprégner de l'ambiance des longues nuits d'hiver de la région. Immense et sombre, sorte de reconstitution dans les volumes du moins, de ce qu'aurait pu être une maison viking, cette pièce a été le théâtre de nombreuses fêtes organisées par le peintre. Notre visite se termine au musée qui abrite quelques unes de ses oeuvres. Son style nous rappelle par certains aspects celui de Anker. On y découvre des scènes reflétant la vie de l'époque, des paysages de la campagne suédoise et des portraits. Il est midi et nous subissons ce que de mémoire de météorologues suédois, n'est pas arrivé depuis des années: une averse de grêle. Les nuages aperçus ce matin ont bel et bien fini par couvrir le ciel et nous gratifient de généreuses averses de pluie et plus étonnamment de grêle. Il faut dire que les jours qui ont précédé notre arrivée ont vu la température atteindre des pointes jusqu'à 30oc, chose totalement inhabituelle dans ces contrées, et que la petite perturbation traversant la région aujourd'hui crée un choc thermique propice à l'apparition des grêlons. |
Il en faut plus pour nous prendre de court, et comme il est l'heure du repas de midi, nous nous réfugions dans le restaurant de « Clara ». Départ l'après-midi pour l'un des ateliers qui confectionne l'emblème de la Dalécarlie: les petites statuettes en bois, le cheval de Dala. La tradition veut que les bûcherons occupaient leurs soirées à sculpter ces figurines alors qu'ils étaient éloignés de leur famille et ramenaient ainsi ces petits jouets à leurs enfants à leur retour à la maison.
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La démonstration faite de l'élaboration de ces petits chevaux, nous reprenons la route de notre hôtel. Là, l'idée d'un tour à vélo germe dans l'esprit de certains. Pierre-Alain et moi-même dénichons deux machines et partons à la découverte du village. Il me faut quelques tours de roue pour maîtriser les engins qui sans être d'un autre âge, diffèrent quelque peu de ce dont j'ai l'habitude. La promenade est vraiment très agréable dans ce paysage à la fois sauvage, mais également si accueillant. J'admire les magnifiques barrières quadrillant les parcelles par endroits. Construites avec des petites perches de sapins elles sont habillement croisées et assemblées afin de donner la cohésion nécessaire à leur fonction. Pas un clou d'utiliser, pas une ficelle pour les attacher, uniquement de fines branches de sapin pour serrer les piquets entre eux. Un travail magnifique! Et puis, partout dans cette campagne les lupins prolifèrent. Ils sont blancs, bleus, mauves. Ils donnent aux prairies et aux bords de routes un aspect multicolore du plus bel effet. Alors le mariage des fleurs et des barrières ne pouvait que donner une belle photo. |
La soirée se passe sur le « M/S Gustav Vasa » fleuron de la CGN locale, sympathique bateau-restaurant construit en 1873 et naviguant sous le nom du célèbre roi. Nous nous émerveillons une nouvelle fois devant le spectacle d'un soleil qui ne finit pas de se coucher. Mais nous grelottons aussi lorsqu'il s'agit d'effectuer la traversée de l'interminable débarcadère de 600 mètres de long qui nous permet de regagner la terre ferme. La Suède est un pays nordique et la température qui règne ce soir nous le rappelle ... froidement.
Vendredi 15 juin: Les nuages ont laissé la place ce matin à un ciel bien dégagé et nous sommes accompagnés par un soleil radieux jusqu'à Falun, ville célèbre pour ses rencontres de ski nordique mais aussi pour sa mine de cuivre. Cette dernière qui a fait la prospérité de la région depuis dit-on le moyen-âge, n'est aujourd'hui plus exploitée. Cependant, elle permet à cette région de continuer à se faire connaître en devenant une attraction touristique inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. La légende veut que ce soit un bouc qui découvrit la première veine de la mine, faisant ainsi la fortune de son propriétaire. La présence de cette mine de cuivre a fortement influencé l'esthétique des habitations de cette région. Très vite en effet, les hommes ont découvert les vertus du cuivre en matière de protection contre les moisissures et de la conservation, ce qui explique l'emploi généralisé de ce minerai comme enduit sur les parois des maisons et la couleur rouge qui en découle. Emma, notre charmante guide à l'accent si particulier nous explique que ces propriétés ont pu se vérifier sur le corps d'un homme décédé au fond de la mine et dont le cadavre a été retrouvé 40 ans plus tard complètement conservé. Nous la visitons déguisés de pieds en cape et c'est finalement tout d'orange et de rouge vêtus que nous entamons notre descente dans ses entrailles.
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L'étape suivante nous conduit tout droit chez notre « hôte » Robert. Originaire de Suède, il partage avec sa soeur la propriété d'une petite maison située au sud de Falun. Nous découvrons un ensemble de magnifique petites maisons et maisonnettes blotties au creux d'une clairière sur les rives d'un lac aux magnifiques eaux bleues. Entouré de forêts sauvages, le « Rettbytorp » ressemble à un petit coin de Paradis. Un soleil éclatant brille aujourd'hui accentuant encore le contraste des couleurs qui règnent en maître ici: le bleu du ciel et de l'eau et le mélange des verts des forêts. Un hibou artificiel faisant semblant d'exister, surveille le lac depuis le ponton. Nous sommes reçus magnifiquement ici chez Robert et avons le plaisir de déguster des spécialités que sa soeur nous a aimablement préparé. |
Les meilleures choses ayant toujours une fin, nous devons penser a quitter ce lieu enchanteur. Nous prenons congé de notre hôtesse et partons en direction de Stockholm, capitale dans laquelle nous arrivons en début de soirée.
Samedi 16 juin: Ici aussi le soleil est aussi très matinal en cette saison et il s'est levé déjà depuis quelques temps au moment où je débute une petite et rapide exploration des alentours de l'hôtel. Il est relativement tôt et hormis quelques balayeurs, la ville semble encore endormie. Mes pas me conduisent jusqu'au Palais royal, sorte d'immense cube ressemblant à un gros lego. Aux entrées, des soldats font les cent pas et surveillent d'improbables fauteurs de troubles. Je constate au cri guttural qui me fait sursauter et au geste très explicite que l'un d'entre eux m'adresse, qu'il m'a visiblement classé dans cette catégorie. J'ai dû faire quelque chose qui n'était pas autorisé! Difficile cependant de savoir quoi exactement. Peut-être me suis-je approché un peu trop des canons! Ou alors le garde souhaitait peut-être se divertir d'une longue période de garde ennuyeuse! Dans le doute j'obtempère à son injonction ne souhaitant pas déclencher une crise diplomatique entre la Suisse et la Suède. Imaginez donc: deux pays neutres se lancer dans un conflit...!!! Comme le premier jour, je tombe encore une fois sur une cabine téléphonique à la plastique également très originale. Avec ses portes de saloon, elle me fait presque penser à des toilettes publiques! Mais les deux isolateurs qui la coiffent sont là pour me rappeler tout de même pour quel usage elle a été conçue. Étant encore tout près du Palais, je n'ose pas visiter l'intérieur de peur de voir surgir un garde! Aussi, je me contente donc d'une petite photo.
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La journée est consacrée à la découverte des merveilles que recèle Stockholm. Et pour ce faire, rien de mieux dans cette ville construite à la rencontre d'un lac et la mer (le passage de l'un à l'autre étant réglé par des écluses), que d'utiliser le bateau. Il n'est pas difficile de comprendre que l'histoire de cette ville a été de tout temps tournée vers le large et le commerce maritime. Il est d'ailleurs impressionnant de constater le trafic qui règne dans le chenal sur lequel nous naviguons. Nous croisons la route de magnifiques paquebots. Ils glissent lentement sur l'eau et disparaissent entre les îles pour réapparaître un peu plus loin. L'effet est saisissant! Bien sûr, l'embarcation sur laquelle nous voyageons n'est de loin pas aussi majestueuse, mais elle nous permet de découvrir l'endroit de la meilleure manière qui soit. |
A un moment de notre croisière, nous apercevons au loin au détour du chenal, des cargos en train de décharger ou de charger des marchandises. Tout autour de nous n'est que mouvement d'embarcation en tous genres; voiliers de plaisance, hors-bord de luxe, canots plus modestes, chalands de toutes tailles, etc... J'ai l'impression que toute la suède s'est donné rendez-vous ici! En tous les cas, l'agitation de ce samedi nautique contraste résolument avec le calme et la sérénité des forêts de la Dalécarlie.
Galma Stan, la vieille ville est posée sur une île au milieu du chenal et sépare mer et lac. Une ruelle commerçante la traverse de part en part, garnie par les indispensables boutiques pour touristes. A mon goût, il est plus intéressant d'emprunter les petites ruelles perpendiculaires dans lesquelles on trouve des cafés, des terrasses et de pubs en tous genres. Tout autour de la vieille ville, des quais auxquels sont accrochés des bateaux restaurants et des voiliers historiques. Je croise dans les rues une population très cosmopolite, qui contraste un peu avec l'image que je me faisais de résidant(e)s grand(e)s et blond(e)s.
Le soir, nous sommes reçus par une délégation du Lions Club de Stockholm, le premier fondé en Europe au sortir de la guerre, un « chouïa » avant celui de Genève. Ce genre de rencontre est l'une des richesses qui caractérisent le mouvement. Les échanges sont toujours d'une grande qualité et s'inscrivent dans les activités qui laissent les traces les plus durables.
Dimanche
17 juin: Changement de
décor ce matin, puisqu'en lieu et place du magnifique soleil
qui régnait hier, ce sont des nuages et de la pluie qui sont
au rendez-vous ce matin à ma sortie de l'hôtel. Je suis
obligé d'écourter ma petite promenade matinale ne
m'étant pas muni d'un parapluie. Finalement la pluie ne va pas
gêner nos activités aujourd'hui, puisque nous allons
passer notre journée dans un musée et à
l'aéroport.
Nous découvrons en effet le musée
qui abrite les restes magnifiquement conservés d'un navire
datant du 17e siècle de la marine royale suédoise et
dont la destinée tragique fut de couler durant son voyage
inaugural, après à peine une heure de navigation,
entraînant dans la mort d'une cinquantaine de membres de son
équipage. Drame national à l'époque pour tous
ceux qui de près ou de loin avaient participé à
sa construction, mais véritable exploit technique et humain
pour tous ceux qui réussir la délicate opération
de renflouage du navire. Elle débuta au début des
années soixante, et se termina en 1990 avec l'ouverture des
portes du
musée Vasa.
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Le navire trône au milieu d'un immense hangar magnifiquement aménagé en musée qui relate sa tragique histoire mais aussi sa renaissance quasi miraculeuse. Il nous faut tout d'abord traverser un sas pour accéder au navire. Il faut savoir qu'il est en effet important de maintenir une atmosphère particulière dans la halle pour préserver l'épave de l'action destructrice du temps. Et puis tout de suite après, le bateau nous apparaît, immense et majestueux, la coque noircie par les effets conjugués de son long séjour dans la vase et des traitements pour la conservation du bois. Il me fait penser à un vaisseau fantôme tout droit sorti d'un film de flibustiers. De la poupe à la proue, il est décoré de magnifiques sculptures. La proue est particulièrement imposante, haute comme un immeuble de cinq étages, elle est décorée comme un palais vénitien. Ce navire devait par la force de ses canons et la beauté de son décor, être le symbole de la puissance du royaume de Suède. Une beauté et un force que les poissons purent apprécier pendant 333 ans... |
Nous prenons congé du Vasa pour aller prendre le repas de midi. Celui-ci mettra un terme à notre séjour dans la capitale suédoise . Un immense merci à Robert pour avoir organisé d'une merveilleuse façon ce petit voyage et merci également à tous les participants pour leur si agréable compagnie.