Repas et rapport du 24 février 2006:

Je sollicite chers amis et éminents membres de notre honorable société, la plus grande des mansuétudes vis-à-vis du document que vous allez découvrir, au vu de l'immense difficulté de relater le déroulement de notre soirée. Il n'est pas dans mon habitude de manier la langue de bois, ni d'essayer de masquer la réalité. Alors évidemment je me retrouve devant un terrible dilemme: tout dire ou effectuer une pudique auto-censure. Il est vrai que l'attitude de certains de nos membres que je ne nommerai pas ici (un pas très grand, d'origine lucernoise) conduit parfois à des excès que réprouve non seulement la Morale, mais également notre pudeur naturelle. Le choix fut difficile, mais il ne faut pas s'imaginer qu'en se voilant la face, nous pourrons faire obstacle à l'adversité et la décadence. C'est donc très naturellement que je décidais de tout dire, de tout écrire, de tout mentionner. A chacun le soin de tirer les enseignements de ces écrits afin de progresser sur les chemins de l'honorabilité et de la respectabilité. Et que si certains s'en offusquent, qu'ils aillent se faire foutre!

Et pourtant tout avait si bien commencé...!!!

La viande débordait des plats, on entendait grésiller l'huile dans les caquelons, les bouteilles de rouges à 1 frs 50 les 5 dl, tintaient joyeusement dans le cageot posé tout à côté de la porte. Les mayonnaises amoureusement préparées par le Gouêt, n'attendaient plus que le moment de venir orné nos assiettes rutilantes. La bonne humeur était présente chez tous le monde et très étonnament, il ne manquait qu'un seul membre que je ne nommerai pas ici (un pas très grand, d'origine italienne...)

Et oui, tout avait si bien commencé...!!!

Joss notre caissier avait pris le temps de nous préparer un rapport très détaillé des comptes de notre si sympathique association. C'est ainsi que nous avons appris que notre modeste fortune banquaire se montait ce jour à 4012.65 frs. Il précisait en outre que quelques membres n'avaient encore pas payé leurs cotis 2005 et qu'on pouvait raisonablement estimé notre fortune dans une fourchette de 6200 frs et 6500 frs. Tout était pour le mieux...

Nous étions même arrivés à arrêter deux dates pour nos futures rencontres. Ainsi le 10 novembre est retenu pour notre souper et assemblée de fin d'année, toujours bien sur au chalet de notre bien aimé Président à vie: Le Couac. Et encore le 8 septembre pour une amusante et gastronomique partie de pizza au four à bois, cette fois au domicile de notre bien aimé Président à vie.

Oh oui, ce début de soirée était vraiment délicieux...

(Intermède: il est 20:02 et tel le phoenix renaissant de ces cendres, le tupperwar perdu depuis ce printemps, réapparait porté par les bras musculeux de Dayas. Le Gouêt va pouvoir reprendre sa vie normale! Fin de l'intermède)

Puis nous nous sommes mis à discuter du prochain voyage. Comme à l'habitude, à ce moment quelques dérapages verbaux se firent entendre. Comme à l'habitude provenant des mêmes personnages que je ne nommerai pas ici (un pas très grand, ayant le même nom de famille qu'une actrice d'origine lucernoise...) Pour faire bref mais sans tomber dans la désinformation, en vrac quelques propositions:

- Voyage en roulotte dans les Franches-Montagnes;

- Faire l'assemblée d'octobre à Barcelone, avec Easyjet;

- L'Alsace et ses vins;

- Pour point d'argent, un nuit dans un chalet d'alpage. Dixit: Le Paf;

- Le coup de grâce provient de Camille qui nous propose si il gagne à L'Euromillion, de nous organiser un voyage par année;

Comme vous le constatez, la situation se détériorait de minute en minute.

Et cela n'allait pas s'améliorer! Nous abordions un moment crucial de notre assemblée en recevant la motion dite du « Gouêt ». Celle-ci avait la teneur suivante, je cite:

« ouais les gars, c'est pas pour dire mais on commence à se faire vieux alors ce serait bien de partir tous les 3 ans, voir tous les 2 ans et demi faire un petit voyage de trois nuits. On sait jamais, des fois que... »

(Intermède 2: dans un coin du local deux individus sont en train de convenir d'une transaction. L'un deux demande de protocoler celle-ci ce dont je m'acquitte avec célérité. En voici donc le contenu: le surnommé Dayas promet au surnommé Gouêt de fournir une vespa trois roues à l'état de neuf pour 4000 frs. Fin de l'intermède).

La motion est mise en discussion. Elle suce(ite) les remarques suivantes:

- Flappy estime que dans un tel cas il est préférable de dire tous les 2 ans et demi afin de rester dans un multiple de cinq.

- Camille estime que l'important est de se rencontrer, pas forcément de voyager.

- Re-Flappy, il appuie cette intervention pleine de bon-sens et profite de ce qu'il a le crachoir pour relever que depuis que notre bien-aimé et magnifique Président à vie est à la tête de notre Amicale, nos rencontres se font plus régulières. Une ovation est immédiatement faite afin de remercier notre adoré Président à vie pour son admirable et infatigable dévouement.

- Re-re-Flappy, le but n'est pas d'augmenter les cotis pour partir plus loin et plus souvent. L'idée de base serait de partir plus souvent pour le même coût et surtout partir ensemble.

- Dayas estime qu'en achetant le vin à 1frs 50 les cinq dl, on aura rapidement assez de pognon pour partir loin.

- Le Gouêt pense que...

- Le Paf: ta gueule!

- Camille: l'important est de sortir ensemble, manger ensemble, voyager ensemble,... pêter ensemble...

- Dayas dans un sursaut de lucidité, se propose pour l'organisation d'une course surprise de 2 jours en 2007. Il précise néanmoins qu'il préfère laisser la responsabilité du ravitaillement viticole aux magnifiques compétences de notre éblouissant et bien-aimé Président à vie, n'étant pas compétitif sur cet aspect de la question.

Il faut rester attentif au fait que pour certains, partir souvent représente un investissement en argent mais également en temps, assez important.

- Le Gouêt: je dois aller à selle....

- Le Paf: ta gueule!... et sur cette belle envolée, se répend en vents et ondées estomacales qui remontent jusqu'à nos narines. Beurk...!

- Et pour terminer, ne supportant pas de ne pas avoir le dernier mot, le Gouêt nous assène, je cite toujours: « de toutes façons, vous n'êtes pas assez couillus pour adopter ma proposition. Nous sommes les contemporains 64 sur la pente descendante et qu'il s'agit de profiter du peu qu'il nous reste à vivre et qu'il faut savoir qui parmi l'assemblée n'est pas d'accord de payer une **** cette année »

Afin de mettre un terme à une situation devenant de plus en plus incontrôlée, notre magistral et bien-aimé Président à vie fait une intervention musclée ayant pour but de ramener calme et ordre au sein de l'assemblée. Il pose la question suivante, je cite: « Malgré le fait qu'il y a que des pédés au comité, est-ce qu'on part un week-end cette année? »

Dans le brouhaha qui a suivi la question il m'a semblé qu'une majorité se dessinait pour:

1 course tous les 5 ans;

1 bastringue par année.

Ces points discutés et adoptés, il ne nous restait plus qu'à passer au repas proprement dit, parce que là on commençait sérieusement à avoir faim.

Revenons toutefois sur la partie de cette soirée qui à sérieusement dérapé. On ne sait pas vraiment sur qui mettre la responsabilité du départ des hostilités, toujours est-il que la vaisselle de notre immensité bien-aimé Président à vie à sérieusement diminué. Les tasses volaient à travers le local. On à même vu une magnifique théière faire tel un goéland, une sublîme envollée par dessus nos têtes. Les moins maladroits ont rattrapé quelques pièces, les plus prudents se sont planqués sous la table et les moins réveillés ont pris le bocal de café sur la gueule. Au final, un bilan plutôt désolant: en effet, comme dit plus haut une certaine quantité de vaisselle cassée jonchait le sol et deux bosses ornaient les fronts de deux de nos amis. Le mal était fait...

Je termine donc ici ce récit, complètement épuisé, vidé de toute mes ressources face à un tel déferlement de violences. A bientôt... peut-être...