Ce sourire était somme toute notre récompense et avec une météo comme celle d'aujourd'hui, il ne nous en fallait pas plus pour apprécier pleinement le vol. Juste avant le décollage, elle nous a dit « avec Maman et Papa, je n'ai pas peur ». La confiance aveugle des enfants envers leurs parents! Ce que nous avons pas osé lui avouer, c'est que nous nous avions peur...!!! Toujours est-il qu'elle s'est éclatée durant le décollage. Elle a adoré avoir « le ventre qui fait gli-gli »! Magnifique envol avec une vue sur Genève et le Mont-Blanc, puis la Vallée de Joux et pour terminer, comme cerise sur le gâteau, nous survolons même Bettens.
Il s'en faut de peu que je puisse compter le nombre de boules que Philippe a fait à la gravière. Là, au-dessous de nous, nous distinguons très nettement le village, avec la gravière au sud-est. Lisa est aux anges! Puis ce fut notre arrivée à Berlin-Schönefeld. Petite couverture nuageuse pour nous accueillir, mais point de pluie et une température somme toute très clémente. Bien sûr qu'avec Easy-jet, on atterrit souvent loin du centre de la ville.
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Alors vu l'heure d'arrivée relativement tardive, c'est une autre première pour Lisa: nous prenons un taxi. Mais naturellement, je distingue au fond de la salle, des puristes qui me rétorqueront que nous nous sommes laissés allé à la solution de facilité! Mais encore une fois, vu l'heure avancée, ma méconnaissance totale du réseau du métro du lieu, il m'a semblé plus indiqué de choisir un solution plus « directe ». D'ailleurs, nous tombons sur un taxi-driver au demeurant fort sympathique et très attentionné. Il n'a eu de cesse tout au long du trajet, de s'enquérir si la température du véhicule était à notre convenance, si la radio n'était pas trop fort, etc... Nous avons même eu droit à un petit bonbon à la menthe que Lisa n'aime pas, mais qu'elle n'a pas osé refuser. Bref, il n'a pas arrêté de parler durant les trente minutes que nous avons fréquenté sont véhicule et malgré le fait qu'on a failli louper la sortie de l'autoroute, il a réussit à nous conduire sain et sauf jusqu'à notre hôtel: l'Askanisher Hôtel. |
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A ce stade de notre petit périple, il me faut rendre hommage à la personne qui nous a aimablement communiqué l'adresse de cet hôtel, qui se reconnaîtra forcément si d'aventure elle parcourt ces quelques lignes, j'ai nommé: Lucy. Ce fut en effet avec un certain étonnement que nous découvrons cette petite merveille du début du siècle. Ambiance feutrée, décor d'origine, chambres d'une hauteur interminable. Lisa est particulièrement impressionnée par les imposants lustres rutilants de mille reflets. Sur les murs du salon et de la réception, on peut admirer d'innombrables photos d'hôtes illustres ayant fréquenté cet établissement. D'ailleurs, à part Michel Piccoli, ils se révèlent pour nous de parfaits inconnus puisque allemands pour la plupart. |
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Après une nuit qui s'est déroulée dans un calme total, nous nous réveillons de bonne heure afin d'entamer cette journée relativement chargée. A commencer par la visite du célèbre zoo de Berlin et l'un de ses illustres hôtes: Bao-Bao, panda offert à l'époque à Helmut Schmidt en 1979 par Hua Guofeng. Je ne m'étendrais pas sur le nombre et le genre d'animaux rencontrés dans ce lieu et préfère vous laisser le soin de les découvrir sur la page « toutes les photos ». Je tiens juste à mentionner la beauté de ce zoo, plein de verdure et d'arbres magnifiques, et surtout la qualité dans la forme et l'architecture des abris à animaux. |
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Déjà en nous rendant au zoo, nous avons clairement pu nous rendre compte comme Berlin était, il est vrai un peu par la force des choses, devenue une ville moderne de verre et de béton. Les destructions de la deuxième guerre, puis la création de cette longue et somme toute relativement large ligne de démarcation qu'a constitué le mur, a dégagé d'immenses places qui ont par la suite permis la construction de bâtiments très modernes. La différence d'architecture entre les deux quartiers est encore bien visible, mais il est impressionnant de constater avec quelle frénésie, depuis la chute du mur cette ville se transforme. Tout au long du passage de l'ancienne « frontière », ce ne sont qu'immeubles modernes et vastes chantiers. Dans l'ancien Berlin-Est, on ressent également cette volonté d'aller de l'avant, mais peut-être aussi l'envie de tirer un trait sur cette période troublée et pénible qu'a constituer la guerre froide et dont Berlin fut l'un des plus tristement célèbre symbole. Parfois j'ai l'impression que les Berlinois n'ont terminé la deuxième guerre mondiale que le 11 novembre 1989. Si il est un endroit qui reflète bien cette volonté de changement et d'oubli, c'est la Postdamerplatz avec ses hauts immeubles et l'intense trafic que l'on peut y trouver. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder des photos prises dans les année 70 à 80 pour mieux comprendre les changements intervenus. Difficile de s'imaginer aujourd'hui en voyant ces immeubles et ces voitures qu'il y a à peine 17 ans, ce même endroit était un « no-mans-land » garni de barbelés et de miradors. Seul, perdu au milieu de la foule, un petit panneau explicatif et un peu plus loin, une stèle commémorative (à la mémoire d'un fugitif m'a-t-il semblé, problème de traduction...!!), témoigne de ce que fut cet endroit
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Berlin, cela faisait longtemps que j'avais envie de découvrir cette ville. Aux yeux de beaucoup, ville symbole d'une époque aujourd'hui révolue. Notre génération a été le témoin de la fin de cette période qui ne savait si elle fallait qu'elle s'appelle guerre ou paix. En tout cas ici, j'ai l'impression que les berlinois n'ont qu'une envie tirer un trait dessus. Seuls quelques rares endroits ont gardé des traces de cette époque, tout a été effacé, oublié. Check-point Charlie fait partie de ces endroits préservés. Aujourd'hui érigé en haut lieu pour les touristes. On peut y trouver des bibelots en tous genres: étoiles soviétiques, casquettes de l'armée américaine, casquettes de l'armée soviétique, cartes postales, etc... Il est même possible de se faire photographier devant la casemate en compagnie de deux soldates, l'une en uniforme yankee et l'autre en uniforme russe et tenant chacune le petit drapeau de leur pays respectif. Sinon, à la Mühlenstrasse, un pan de mur de 300 mètres de long environ a été sauvegardé et également sur la Bernauerstrasse, un musée a été édifié. Sinon, très peu d'autres souvenirs de ces temps pour le moins troublés. |
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Il aurait fallu aller visiter le musée « Die Haus von Check Point Charlie ». Il nous a manqué un peu de temps. Il relate l'histoire du mur, mais surtout des évasions et des drames humains qui ont entaché l'histoire du mur. Cette partie de l'histoire contemporaine est peut-être un peu complexe pour une petite fille de 10 ans comme Lisa. Pour terminer notre journée touristique, nous nous dirigeons en direction de l'Oberbaumbrücke. Cet ancien lieu de passage entre les secteurs est et ouest est très original dans son architecture. Lisa y est surtout impressionnée par les jongleurs qui exercent leur art en plein carrefour en jouant non seulement avec leurs quilles mais aussi avec les voitures. On peux aussi découvrir tout à côté, un pan du « mur » sur lequel on peut admirer la très fantasque fresque représentant Brejnev et Honecker en train de s'embrasser. |
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Au cours de ma promenade matinale de dimanche, je suis tombé, à quelques encablures de Savignyplatz, sur un bistrot ouvert 24 heures sur 24. J'imagine qu'il ne doit pas être le seul dans ce cas au sein de cette grande ville, mais j'avoue que celui-ci avait un petit cachet fort sympathique. Vous imaginez bien que je n'ai pas pu résister à la tentation d'aller y boire mon petit café. A l'intérieur bien sûr, il y avait des fêtards qui terminaient leur nuit, certain dans un état de conservation relativement correcte et ma foi pour d'autres des démarches plus hésitantes, voir chancelantes. Mais tous dans la bonne humeur. Une musique très originale y était diffusé: des violons à mi-chemin entre de la musique tzigane et asiatique. |
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Les rythmes calmes et reposants de ces musiques doivent assurément exercer un effet positif sur les esprits embrumés de certaines personnes fréquentant l'établissement. On peut visiblement y manger à toutes heures et certains ne s'en privent pas. Le décor n'est pas d'une originalité exceptionnelle: mur de briques, une fresque évoquant la vie dans un cabaret en guise de frise tout autour de la pièce. Une terrasse donnant sur la rue et une autre sur une petite cour intérieure à l'ombre d'un tilleul. Au deuxième étage, une salle à boire ou à manger munie de deux petits balconnets. Comme je le disais plus haut, endroit sympathique! |
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Nous continuons ce dimanche matin, notre petit pèlerinage sur les traces du « Mur ». Celui-ci nous conduit à la Bernauerstrasse. C'est ici qu'a été érigé le centre de documentation sur le mur, le « Mauergedankstätte ». En face de ce bâtiment, une portion du celui-ci a été conservée tel qu'il était conçu à la fin des années huitantes. Il est possible en montant sur une passerelle située au dessus du bâtiment, d'avoir une bonne vue d'ensemble de ce segment. Aux étages inférieurs, une série de salle de projection, diffusent en continu des extraits de films ou d'émissions TV de l'époque. On y découvre également toute un série d'extraits de journaux et d'article relatant les principaux points forts de l'histoire du mur. Un silence quasi religieux règne dans ce lieu; silence qui en dit long sur la tragédie vécue et surtout ressentie par les berlinois. C'est dans cette rue qu'une célèbre photographie représentant un « vopo » sautant par dessus un barbelé à été prise.
Tout à côté de cet espace aménagé pour le souvenir, une autre portion de mur est pour le moment encore debout. Celle-ci est également très intéressante, car on y devine les traces qu'ont laissé, les multiples coups de marteaux et de burins qui ont arraché des milliers de fragments du mur. Ces derniers sont allés orner maintes commodes et autres bibliothèques en Allemagne et dans le monde, créant ainsi un petit business fort lucratif.
Notre petit séjour touche à son terme, et il faut commencer à penser à notre retour. Anne-France souhaite toutefois encore se rendre dans le quartier de Hackesche Höfe. Celui-ci est décrit dans le petit guide qui nous a accompagné durant ces deux jours, comme étant devenu l'un des lieux les plus branchés de la ville. Vous imaginé bien qu'il n'en faut pas plus à Anne-France pour nous y emmener!
Et ma foi, bien nous en a pris! Car c'est un fort joli lieu que nous avons découvert. Imaginé une succession de petites cours, toutes plus joliment aménagées les unes que les autres, des bâtiments d'une architecture très agréables, des cafés à l'évidence branchés tout comme les quelques boutiques que nous découvrons. Bref, effectivement un petit havre de calme et de tranquillité en dehors de l'effervescence qui règne dans le reste de la ville.
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Je disais donc plus haut qu'il était temps maintenant de penser au départ. N'oublions pas que Schönefeld se trouve quand même à plus de 40 minutes avec le S-Bahn du centre ville, et que l'excuse de ne pas connaître son réseau n'est plus valable après deux jours de passés à Berlin. De plus, il nous faut retourner jusqu'à notre hôtel pour y prendre notre valise. Notre petite incartade dans le très joli quartier de Hackesche Hof ayant finalement pris un peu plus de temps que prévu, nous effectuons un petit compte à rebours du temps qu'il nous reste jusqu'au décollage. Le résultat nous effraye un peu..., ce sera serré...!! Depuis la station de Savigny Platz, voisine de notre hôtel, nous prenons la ligne S9 et faisons quasiment le tour de la ville avant de prendre la direction de Schönefeld. Cela nous permet d'admirer une nouvelle la toute nouvelle Hauptbahnhof, magnifique toute de verre vêtue, posée sur la ligne telle une immense verrière, rappelant très nettement certaines gares du début du siècle. Puis au loin, le Reichstag, lui également coiffé de sa coupole en verre. Cette partie de la ville, moderne et riche, contraste avec la partie plus à l'est que nous traversons ensuite: terrains vagues recouverts de détritus, gares et voies désaffectées, rames abandonnées jalonnent cette partie du parcours. Visiblement la prospérité du centre n'a encore pas étendu ces bienfaits jusqu'ici. Nous atteignons enfin l'aéroport, toutes les pendules que nous croisons augmentent quelque peu notre angoisse! Finalement, après n'avoir quasiment pas attendu à toutes les étapes constituant l'embarquement à bord d'un avion, nous nous retrouvons installé à l'intérieur de celui d'Easyjet. L'atterrissage à Genève met un terme au dernier baptême de l'air, celui de Lili. Il faudra dorénavant que les parents se trouvent un autre prétexte pour s'offrir un petit week-end dans une ville européenne... Le mot de la fin sera pour Lisa. Pour le découvrir, il vous suffit de cliquer sur la petite caméra. Merci de votre visite. |