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Septembre 2006 |
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Septembre, mon mois préféré!
La luminosité y est unique, les couleurs y sont particulières. A l'instar de mai, c'est un mois de transition. C'est durant ce mois de septembre que les feuilles des arbres commencent à perdre le vert de l'été et que petit à petit, en obéissant à je ne sais quelle loi, deviennent brunes pour certaines ou jaunes orangés pour d'autres, faisant ainsi ressembler les forêts et les bosquets à d'immenses bouquets. Bien que les nuits fraîchissent, la chaleur est durant ce mois toujours bien présente pendant la journée. Et souvent malgré d'importantes rosées, il est toujours possible, quoique plus périlleux, de sécher du regain. De ce regain qui va embaumer les granges durant quelques jours. C'est d'ailleurs ce que l'on fait cette première semaine. Le week-end des 2 et 3 septembre, nous avons fauché et ramassé 11 rouleaux à « la Gravière » et là, c'est au tour de la parcelle « en Arzillé » de nous offrir une magnifique coupe.
Mercredi 06.09: Une magnifique coupe en effet! Mais voilà que la météo nous la joue un peu capricieuse! Alors qu'on nous avait annoncé trois jours de soleil et bien au matin du 3e jour, il a fallu déchanter: le ciel était couvert! Il s'était voilé petit à petit, les nuages arrivant du Jura. Il est vrai qu'ils étaient relativement hauts, mais au fil des heures, certains étaient de plus en plus bas. Quelques rayons de soleil arrivaient cependant à percer cette couverture nuageuse. Malheureusement, jamais pour de longues périodes et en plus, entre ces percées, il se trouvait immanquablement un nuage pour nous balancer quelques gouttes. Vous imaginez bien que cette situation est assez éloignée de l'idéal en matière de séchage de fourrage. Il a fallu attendre la fin de la journée pour qu'une éclaircie un peu plus généreuse que les autres, finisse par arriver, et avec l'aide d'un peu de luprosil (conservateur de fourrage), nous avons fini par enroulé .
Mais le mois de septembre est aussi celui de l'ensilage du maïs. C'est une étape qui marque également l'année, elle annonce l'arrivée de l'hiver. Et nous les paysans, l'hiver, on aime bien le voir arriver avec une grange remplie de regain et des silos pleins! Ainsi donc pour l'ensilage, nous partageons la propriété avec deux autres collègues, d'une auto-motrice New-Holland. Cette machine qui « mange » six lignes de maïs d'un seul passage effectue annuellement environ 80 ha. Ces travaux sont un véritable travail d'équipe: en plus du chauffeur de l'auto-motrice, en règle générale Philippe, il faut compter 2 à 3 chauffeurs de tracteurs pour le transport de la matière du champ au silo, en général des jeunes gens qui sont tout heureux d'être aux volants de gros tracteurs, mais parfois aussi des personnes plus âgées qui par contre eux souhaiteraient être ailleurs plutôt que de se faire secouer dans une cabine. Et pour terminer, à la maison, un autre conducteur dont le rôle est d'aplanir et de tasser la marchandise déposée au fur et à mesure par les remorques dans le silo. Il tasse et retasse les couches successives, en passant et repassant d'un bout à l'autre du silo. Il s'agit donc de synchroniser l'emploi du temps de chacun, météo et stade de maturité du maïs, et d'allier rapidité et adresse à la conduite. Alors, lorsque toutes ces conditions sont réunies, la ronde des tracteurs peut commencer. On trouve dans les campagnes deux sortes de silos: tout d'abord des silos-tours. Technique plus conventionnelle, elle nécessite une machine supplémentaire: un souffleur qui permet d'envoyer la marchandise dans le silo. Il existe des silos-tours de hauteur et de contenance diverses. Les plus fréquemment utilisés sont en polyester et contiennent environ 100 m3. Il est nécessaire pour récupérer le fourrage durant l'hiver soit d'y monter et de le vider à la force de nos petits bras, soit de les équiper de désileuses mécaniques. Et ensuite les silos-fosses, technique utilisée chez nous. Sorte de grand canal en béton, ils peuvent également être de volume et de formes très variées.
Jeudi 07.09: Mimi, génisse de 2 ans et demi, a vêlé aujourd'hui. Elle fait partie des quatre génisses que nous sommes allés rechercher à la montagne de la Lande-dessus où elles passent leur été en compagnie de leurs congénères du syndicat d'alpage de Bettens. Elle nous a fait une magnifique petite femelle que le Grand-Père s'est dépêché de baptiser « Prune ». Nom de saison puisque les pruneaux et autres mirabelles sont maintenant à maturités. Nous changeons chaque année de lettre pour le choix des noms, le passage d'une lettre à l'autre intervenant au milieu de l'été.
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Ainsi, comme vous l'aurez
certainement compris, cette année verra tous les noms
commencer obligatoirement par la lettre « P ».
C'est un repère relativement simple pour se souvenir assez
facilement de l'âge d'une vache. |
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Lundi 11.09: C'est un jour de contrôle à la montagne. Une fois par mois, le contrôleur, personne assermentée et ma foi fort respectable, vient nous trouver, munit de ses petites fioles et de ses formulaires afin de contrôler combien de lait produit chaque vache. Un savant calcul est ensuite effectué afin de déterminer la quantité produite durant une lactation standard, soit 305 jours. A l'aide d'un appareil spécial fixé à la machine à traire, nous mesurons le lait produit par chaque vache et prélevons un échantillon qui lui, est destiné à être analysé afin de déterminer les teneurs du lait en matière grasse et matière protéique mais également la qualité au niveau hygiénique, soit la quantité de cellules et de germes contenue dans le lait. Pour une partie, ces deux dernières analyses, doivent permettre au trayeur de savoir si un lait peut être livré à la laiterie ou non. Cette petite visite à l'alpage est aussi l'occasion d'en apprendre un peu plus sur ce qui s'est passé dans ces montagnes. Sur ce sujet, reconnaissons que nous possédons en la personne de Georges, une source de renseignements quasi inépuisable et surtout intarissable...
Vendredi 15.09: Et voilà, la saison d'alpage se termine « déjà » pour 35 des 42 vaches qui ont passé l'été à l'alpage « Chez le Gros ». On a toujours envie de dire « déjà » parce que finalement 120 jours ça passe drôlement vite! Et année après année, il semble que ça passe toujours plus vite. D'un autre côté, on se réjouit toujours d'accueillir les « vacancières ». L'écurie est prête depuis déjà longtemps, les clôtures dans les parcs sont tirés et tendus comme il se doit et ma foi cette année, il y a passablement d'herbe dans la pâture. Bref, tout est donc prêt pour le retour des vaches. Mais la descente de cette année, ne sera pas vraiment comme les autres. Il nous manque quelqu'un...
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Jeudi 21.09: Il est des journées qui commencent comme les autres: le soleil brille, on organise sa journée imaginant et organisant toutes les tâches qui nous attendent. Il est des journées qui ne se distinguent pas des autres: le petit train-train quotidien font que nous regardons pas beaucoup plus loin que le bout de notre nez. Mais il est des journées qui se font particulières et qui transforment notre quotidien. De ces journées qui nous frappent, qui nous réveillent et qui nous sortent de notre petite vie. Il est des journées qui font mal! Aujourd'hui en est une! Aujourd'hui une fleur s'est fanée et s'est éteinte! C'était une journée qui aurait pu être comme les autres, le destin en a voulu autrement. C'était une journée qui aurait pu venir s'additionner aux autres sans se faire remarquer. Il n'en sera rien... Cette journée a voulu s'inscrire un peu plus fort dans nos vies... Mais si l'on regarde bien par dessus les arbres du bosquet, on peut distinguer une nouvelle étoile. Elle est là pour nous! Elle est là pour se souvenir, elle est là pour nous permettre de ne pas oublier, elle est là pour que reste à jamais inscrite dans nos coeurs, l'image de cette fleur. |
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Mercredi 27.09: Ca y est, le départ a été donné, l'ensilage du maïs a débuté! Tout d'abord chez notre voisin, Olivier. Il tenait à ce que son silo soit plein avant le retour de ses vaches de la montagne. Il possède des silos-tours. Mais notre matériel est plutôt destiné à être utilisé dans des silos-fosses! Alors bien sûr on est pas trop performant avec nos grosses remorques basculantes dans le souffleur. Mais tout de même, nous finissons par le remplir, et si je prends la peine de me souvenir comment nous procédions il y a une vingtaine d'années, et la vitesse à laquelle nous ensilions, il faut avouer que c'est même rapide! A l'époque nous possédions un bec à maïs prélevant une ligne après l'autre, et notre plus grosse remorque avait une contenance de 10 m3. Aujourd'hui, l'automotrice englouti six lignes à la fois et notre remorque a une capacité de 18 m3! A la suite, jeudi, c'est chez Jean-Daniel que nous sommes allés. Egalement pour un silo tour destiné à recevoir le fourrage qu'il donne aux vaches durant l'été. Mais le gros du travail est pour demain et samedi avec le silo-fosse de 800 m3 et surtout les kilomètres que nous allons faire jusqu'à La Sarraz. Il faut compter une vingtaine de minutes pour y aller, une vingtaine pour le chargement de la remorque et une vingtaine pour le retour. A 1 heure par voyage, vous comprendrez que nous n'en faisons pas beaucoup d'une journée! C'est pourquoi, nous tournons avec cinq remorques au total. |