Mars 2007


Samedi 3 mars: De retour à la maison, je ne peux que constater qu'ici aussi, le mauvais temps a régné en maître ces quelques jours. Tout au long de la route, on a découvert la présence de lacs et autres « gouilles » dans les prés et les champs. A d'autres endroits, ce sont des signes de ravinements prouvant combien les averses ont été diluviennes et violentes. Je comprends très vite qu'il va falloir me remettre au travail dans une ambiance plutôt humide. Derrière la maison, le lac a retrouvé ses dimensions des grands jours illustrant si il le fallait encore, comme les précipitations furent abondantes. Et puis ce matin, on entendait très bien les canards qui prenaient leurs pieds, ou plutôt leurs pieds palmés à patauger dans ce bassin éphémère. J'ai d'ailleurs réussi à immortaliser l'envol des deux vedettes qui squattent le lac. Ils sont vraiment très craintifs! Et puis l'après-midi, le soleil s'est fait un peu plus présent et s'est mis à nous réchauffer. Il est surprenant de constater à la lumière de l'astre de jour, à quel point la campagne est verte malgré le fait que le mois de février vient à peine de se terminer. Si cela continue, et si bien sûr la pluie s'arrête et que les eaux se retirent, il va devenir tentant de lâcher les vaches et de se lancer dans les divers épandages de printemps.

Dimanche 4 mars: Après la pluie, le vent et la neige (en gros le mauvais temps...!!) des Relâches, une visite chez la marraine d'Antoine nous permet de faire une petite halte dans le vignoble du Lavaux et de pouvoir une fois de plus contempler ce paysage si merveilleux, si unique. Et rendez-vous compte, en plus d'être belle, cette région produit des vins exceptionnels!

Mardi 6 mars: Un merle qui chante sans discontinuer (1'000 ko), le jour qui se lève toujours plus vite, la nature qui nous entoure, ne cesse de nous donner de nouveaux signes annonciateurs de l'imminence de l'arrivée du printemps. Et malgré que ce matin encore, la rosée s'est figée sous l'effet du froid, blanchissant ainsi l'herbe du marais, on la sent pressée et impatiente de l'arrivée des beaux jours, prête à éclore, prête à démarrer. Ce matin, hormis quelques traînées de nuages élevés, le temps est bien dégagé. Espérons qu'il le restera, ayant pour l'instant atteint notre quota de précipitations. Iris a profité de cette belle journée pour mettre au monde son petit: un veau mâle tout blanc. C'est elle qui l'année passée nous avait quelque peu bousculé un dimanche matin en mettant la matrice dehors lors du vêlage. Bien heureusement, rien de tout cela cette année.

Mercredi 7 mars: J'en ai enfin terminé avec tout le fumier que je devais impérativement sortir aussi bien chez les vaches que chez les génisses. La balle est désormais dans le camp de Philippe qui doit arriver maintenant à concilier temps libre, conditions météorologiques favorables et disponibilité de l'épandeuse, chose pas forcément aisée vous en conviendrez. Ceci dit, un des éléments semble déjà s'arranger: la météo! Aujourd'hui déjà le soleil fut de la partie un bon moment de la journée et aucune perturbation majeure n'est annoncée par les spécialistes en météorologie pour ces prochains jours. Même le lac a presque complètement disparu. J'imagine au grand dam de nos deux illustres invités que sont le couple de Tadorne et leurs amis les canards Colvert. En se retirant, les eaux ont laissé une herbe toute noirâtre derrière elle, salie qu'elle est par la terre. De toute manière, j'ai pu constater depuis quelques années, une modification de la flore sur une partie de la parcelle concernée par ces inondations à répétition, avec la présence de plus en plus avérée d'une herbe jaunâtre guère appréciée par le bétail et qui en plus ne pousse jamais!

Samedi 10 mars: La bise s'est levée ce matin, rafraîchissant nettement l'atmosphère et débarrassant le ciel des quelques derniers nuages de la petite perturbation qui nous a gratifié cette nuit de quelques pluies. Nous sommes toutefois assez éloigné des températures polaires qui ont parfois marqué le mois de mars. En tous cas rien d'assez méchant pour dérouter le merle qui depuis quelques temps nous gratifie d'un concert quotidien (1'000 ko). En effet, sur le coup de six heures il commence son chant, semblant inviter tout un chacun à s'arrêter un instant pour l'écouter et admirer le levé du soleil. Et puis ce soir à l'heure du gouvernage, nous eûmes droit au passage de la transhumance. Un magnifique troupeau de moutons a en effet, traversé la Côte et longé le petit bois juste en face de la salle de traite, afin de se rendre dans la forêt toute proche pour y prendre ses quartiers de nuit. Je ne disposais pas d'un appareil photo digne de ce nom à ce moment là. J'en ai donc fais une avec le natel que je vous présente ici. Excusez moi pour cette horrible photo et sachez que cette tache blanche à l'angle du petit bois est une partie du troupeau de moutons!

Lundi 12 mars: ça y est, j'en ai vu passé un! Le premier de la saison. Oh, pas un très gros, plutôt du genre petit modèle, car il faut encore se méfier d'éventuelles mouilles au milieu des parcelles qui peuvent se transformer en pièges à tracteurs. Alors oui, j'ai vu passer un tracteur avec le semoir à engrais! Si une hirondelle ne fait pas le printemps, la présence d'une dizaine de tracteurs dans les champs au mois de mars, est l'annonce pour le moins révélatrice de son arrivée imminente. Il faut dire que la bise et le soleil de ces derniers jours ont largement contribué à faire en sorte que la terre se ressuie rapidement et de permettre ainsi le départ des « hostilités ». Alors bien sûr, pour beaucoup, il s'agit d'épandre la première donne d'engrais azoté, pour qu'en temps voulu blés, orges, prairies et autres colzas trouvent dans la terre suffisamment de nourriture pour entamer leur croissance dans de bonnes conditions. Mais il n'y a pas que cela: c'est qu'il faut penser maintenant aux semis de printemps, pour l'essentiel les pois fourragers et les betteraves. Il faut également de ces excellentes conditions météorologiques pour épandre le fumier avant de faire quelques labours que ce soit. Vous comprendrez donc bien que tous ces tracteurs que l'on voit et l'on entend partout dans la campagne, bourdonnant et bondissant d'une parcelle à une autre, sont bel et bien le signe du renouveau.

Mardi 13 mars: Pour nous, le beau temps et toute cette effervescence qui l'accompagne se traduit surtout d'abord par l'épandage du fumier. Philippe chevauchant le tracteur armé du frontal, s'attaque donc à l'énorme tas de fumier qui recouvre la courtine, nous gratifiant ainsi d'effluves odorant plutôt mauvais. La campagne et certaines activités humaines qui s'y rattachent sont ainsi faites, qu'elles nous gratifient de toute une palette d'odeurs pas toujours agréables il est vrai, mais qui démontre encore une fois sa grande diversité. De mon côté, je profite d'aller passer ma magnifique herse à prairie constituée de quatre vieux pneus arrières de tracteur rassemblés et tractés à l'aide d'une chaîne. Cet attelage dont le principal mérite est de n'avoir pas coûté cher, fait ma foi fort bien son effet sur les taupinières apparues durant l'hiver. Mais c'est surtout l'humidité du sol qui constitue le secret de cette opération: il n'en faut pas trop!

Mercredi 14 mars: Depuis quelques jours, nous avons le plaisir de pouvoir assister à un magnifique spectacle: celui de l'aube et de toute la gamme de couleurs par laquelle elle passe. Dans un ciel d'une parfaite limpidité, les premiers prémices du lever de soleil se signalent par le passage du noir de la nuit à un bleu foncé qui s'éclaire minute après minute. Puis durant un instant, c'est un vert très pâle qui fait son apparition, laissant ensuite la place à toute une gamme de rose et d'orange. Enfin petit à petit, la clarté augmente et les premiers rayons du soleil s'élancent dans le ciel avant de se répandre sur la campagne la débarrassant presque instantanément de la fraîcheur de la nuit. Un spectacle vraiment sublime annonçant une journée non moins belle.

Philippe va la consacrer à l'épandage de l'engrais sur les cultures et les prairies. Ce temps quasi estival est annoncé jusqu'en fin de semaine ce qui nous permet d'effectuer toutes ces tâches dans de bonnes conditions.

Jeudi 15 mars: Ce matin, à mon arrivée dans la stabulation des génisses, j'ai eu la très désagréable surprise de découvrir quatre d'entre elles, confortablement installées dans le fourrage. Je vous laisse imaginer l'indescriptible « chenit » qui régnait dans la fourragère en sachant que les pensionnaires du lieu avaient réussi par je ne sais quel tour de magie, à sortir les perches de leurs emplacements se débarrassant de la sorte de la frontière les séparant de la fourragère et leur donnant ainsi la possibilité de s'y répandre sans vergogne et de fracasser et d'étaler allègrement le ballot de foin. Mon arrivée ne les a pas autrement alarmées. Elles se sont contentées de me regarder en continuant tranquillement et régulièrement leur rumination démontrant ainsi qu'elles n'ont pas manqué de fourrage cette nuit. Fallait-il sanctionner cette désobéissance à l'ordre établi et aux élémentaires règles de bonnes conduites? Le temps dont je disposais ce matin ne me permettait en aucune façon de m'étendre trop longuement sur l'ampleur de leur bévue et m'obligeait à leur faire réintégrer rapidement la couche qu'elle n'aurait jamais dû quitter, de replacer les perches au bon endroit et d'effectuer une rapide remise en ordre.
Voilà une situation qui ne m'a aidé à être en avance à mon rendez-vous suivant, soit les examens de fin de l'école d'agriculture de Marcelin, auxquels je suis convié à participer en qualité d'expert. En toute honnêteté, un bien grand qualificatif en vertu de mes biens piètres connaissances concernant la matière dans laquelle j'officie: le droit. Branche Ô combien complexe et parfois quelque peu rébarbative! Le temps magnifique régnant à l'extérieur n'a de loin pas contribué à rendre plus attractive mon activité du jour!

Et puis c'est également aujourd'hui que s'est déroulé une livraison au caractère tout à fait particulier, puisque le livreur, employé à la Landi d'Echallens effectuait là son dernier service chez nous. En effet, après de nombreuses années de bons et loyaux services, il quitte cette vénérable entreprise que constitue la coopérative agricole pour s'engager dans une autre voie professionnelle. Beaucoup d'entre vous aurez déjà compris de qui nous parlons, lui qui obtient quand même un 7/10 sur l'échelle des Agonies et à qui on peut attribuer sans l'ombre d'une hésitation au vu, de l'excellent travail effectué durant ces longues années au service de l'agriculture, et pour n'avoir jamais oublié de fermer la porte du silo avant de commencer à le remplir, un 10/10 sur l'échelle des « chauffeurs-livreurs de granulés ». J'ai nommé: Cali

Samedi 17 et dimanche 18 mars: Grande première ce week-end avec mon absence de deux jours qui oblige Antoine, en collaboration avec Sébastien, à me remplacer et de seconder le grand-père dans l'exercice du « gouvernage ». Voilà donc réunies pour le meilleur et pour le pire, l'ancienne et la nouvelle génération sous la même enseigne: celle du labeur. Tout a été mis en oeuvre pour que ces deux jours se passent sans anicroche, mais le travail avec les animaux étant ce qu'il est, on est jamais vraiment à l'abri d'un problème. Finalement à mon retour, j'ai pu constater avec plaisir que tout s'était admirablement bien déroulé et que l'entente entre les différents protagonistes impliqués dans le « gouvernage », fut excellente.

Egalement excellente, la course des pompiers de Bettens qui se déroulait dans le même temps. On peut même sur-renchérir: mémorable est homérique au souvenir de la magnifique ambiance qui a régné au sein du groupe durant ces deux jours. Car en effet, nous avons eu besoin de deux jours pour aller à la rencontre de nos collègues de l'aéroport de Cointrin qui nous ont fait découvrir l'imposant matériel dont ils disposent pour parer aux pires éventualités. Deux jours donc pour un aller et retour dans la capitale du bout du lac, voilà qui peut paraître curieux et anachronique dans une époque qui nous permet dans le même laps de temps, et ceci d'ailleurs grâce aux transports aériens, de se rendre dans presque toute l'Europe. Mais le but recherché n'était pas là, et le SDIS de Bettens est heureux d'avoir pu apporter sa modeste contribution à la lutte mondiale contre le co2 en limitant au maximum ses déplacements.

Mardi 20 mars: Retour du froid! Il faut dire que le mois de mars est en effet coutumier de tels revirements de la météo et qu'il est fréquent d'observer à pareille époque un retour des flocons et des températures négatives. Toutefois à mon avis, Rien de bien dramatique pour le moment. Ce matin, il faisait entre -1C° et -2C°. Suffisant pour tempérer l'ardeur de la nature qui avait la fâcheuse tendance à s'emballer. Somme toute, un coup de frein bienvenu!. Il ne faudrait simplement pas que cela s'aggrave. Malgré tout, les tulipes elles ont vraiment petites mines, recouvertes et aplaties qu'elles sont par cette fine couche de neige tombée ce matin !

Et puis également ce matin, un invité surprise, avec un nouveau né qu'on attendait pas si vite: le veau de Juanita né avec un mois d'avance sur le planning de sa maman. Le peu de vigueur dont il fait preuve nous incite à penser qu'il y a peu de chance qu'il survive bien longtemps à sa naisssance. Curieusement, les avortons de 7 mois résistent souvent mieux à leur arrivée prématurée que ceux de 8 mois. Allez comprendre! La mère quant à elle n'est pas du tout préparée et n'est de plus pas nettoyée. Une série de « bougies » (pastilles accélérant et facilitant la délivrance de l'arrière-faix) sera nécessaire.

Mercredi 21 mars: Le froid est toujours présent pour cette première journée du printemps, et je me mets à regretter la douce chaleur du lit en pointant mon nez dehors au petit matin. Quelques flocons flottent encore ici ou là dans l'air avant de se poser paresseusement sur le sol et de fondre presque instantanément. Assurément le signe que la température n'est pas si basse que ça et que cette impression de fraîcheur provient plus du souvenir de la chaleur évoquée plus haut que d'un froid réel.

Et puis à mon grand étonnement, notre petit prématuré qui a tout de même trouvé la volonté de boire un peu de lait hier soir, est encore en vie ce matin. Mais ce soir, je saurai que ce ne fût qu'un sursis de quelques heures.

Jeudi 22 mars: Le ciel est momentanément dégagé ce matin et l'on a pu découvrir une chaîne jurassienne magnifiquement blanche. Elle ne l'a d'ailleurs jamais été à ce point de tout l'hiver! Et comme si elle voulait qu'on garde un souvenir impérissable de ce début de printemps, la météo prédit avec véhémence d'importantes chutes de neige pour aujourd'hui. Alors après « le printemps en hiver » aurons nous droit à « l'hiver au printemps »?

Vendredi 23 mars: La saison qui voit se dérouler la grande majorité des vêlages tend à se terminer. Comme vous avez pu le constater en suivant cette rubrique, depuis le mois d'octobre ce sont un peu moins de cinquante mises-bas qui ont eu lieu. Cette nuit, Lucette aura été l'avant-dernière vache a vêler avant une petite pause d'environ un mois qui je ne vous le cache pas sera la bienvenue. Lucette ne s'est pas contentée de vêler, elle a réveillé environ tout le quartier en beuglant sa douleur et sa peine avec sa mise-bas pour finalement donner naissance à un petit mâle.

Dimanche 25 mars: Voilà, il fait à nouveau nuit le matin! En effet, l'heure d'été à la particularité de nous replonger dans l'obscurité alors que l'on commençait à s'habituer à la clarté du jour arrivant toujours plus tôt. Sans compter la petite horloge interne des vaches qui se voit toute déréglée par ce changement aussi brusque que peu naturel. Et puis il y a notre horloge interne à nous qu'il faudra également recaler sur le nouvel horaire. Finalement peu de chose en regard des futures belles soirées que l'on peu espérer de l'été qui nous attend.
Et puis, pour profiter pleinement de cette magnifique journée qui s'annonce, Lisa et moi sommes partis ce matin aux Diablerets rejoindre Anne-France. Au programme, une journée de ski. Une journée qui aurait pu très mal se terminer! Dans la vie il faut avoir un peu de chance, je pense pouvoir dire que cette fois j'en ai eu! Je laisse le soin à Lisa de vous raconter cette journée et surtout la rentrée qui la clôtura:

« Un week-end je suis allée skié au Diablerets, Maman est montée avec Clara, Claire et la copine à Yann. Papa et moi nous sommes montés le dimanche, on a skié un jour, le matin la neige était parfaite mais après elle était pas très bonne. Le matin on a été boire quelque chose on a vu la copine à Yann, elle était avec ses copines Sophie et Virginie. Sophie ma prêté ces snow-blade j'ai pu faire une piste je ne suis pas tombée. Un moment après Sophie cherchait la carte à Yann pour le ski elle la trouvait pas, Anne-Laure va cherché sous la table elle trouve la carte entre les deux planches de bois la carte était loin sous la table, elle essaie de la prendre avec un couteau et une fourchette elle arrive pas. Sophie a eu l'idée de prendre un chewing-gum bien mâché pour attraper la carte elle le met sur un couteau et elle essaie d'attraper la carte pendant un moment, pendant ce temps papa va chercher quelqu'un le monsieur,qui arrive avec un grand bout de fer, ça n'a pas marché. Il va alors chercher quelque chose d'autre. Dès qu'il revient les filles avaient réussi de prendre la carte, donc papa a été le cherché pour rien. Après avoir fini cette grande journée, j'ai du rentrer avec Papa. Papa avait sommeil et qu'en il a sommeil il peut s'endormir partout surtout en voiture, on n'arrive dans la voiture papa commence a dire j'ai sommeil donc moi j'avais un peu peur chaque minute je lui disais « tu t' endors pas papa »un moment après papa a fermé les yeux sur l'autoroute il conduisait plus la voiture il tourne et fonce dans une barrière moi j'avais rien vu je regardais ailleurs on s'est vite arrêté sur la bande de secours on a regardé la voiture et on a vu que la voiture avait une grosse rayure des feux avants jusqu'aux feux arrières. Et ben la on a dit merde j'avais un petit peu peur, on a réussi à rentrer a la maison, on a envoyé un message a Maman on lui a dit « On est arrivé vivant ».

Dans les faits, on aurait très bien pu ne jamais arriver...

Lundi 26 mars: Vu les excellentes conditions météorologiques, j'ai prévu de lâcher les vaches cette semaine. Il n'y a encore pas beaucoup d'herbe, mais le soleil est présent et le sol bien essuyé, elles ne se feront que du bien à aller se dégourdir les jambes au parc. Après tout, cela fait presque cinq mois qu'elles sont cantonnées dans un endroit certainement agréable je pense, mais un espace restreint quand même! Mais auparavant de procéder au grand lâché, il faut que j'effectue un contrôle de toutes les clôtures et que je mette en place celle autour du ray-gras prévue pour être ensilée. La journée se prête à merveille pour ce genre de travail: il règne une douce chaleur à peine troublée par une légère bise . La clôture à installer représente tout de même environ un kilomètre et demi de fil tout au long duquel je dispose des piquets espacés d'une vingtaine de pas. J'utilise la technique dite « du frontal » pour les enfoncer. Elle présente l'avantage d'économiser mes petits bras et d'être assez rapide. Mais par contre sa redoutable efficacité se retournera un peu contre elle lorsqu'il s'agira de ressortir les piquets qui sont souvent trop bien plantés et dont on peut déjà présager que beaucoup d'entres eux risquent de casser.
J'apprécie particulièrement le travail de créateur-constructeur-réparateur de clôtures qui exige, à en juger par les quelques courbatures ressenties en soirée, de bonnes conditions physiques.

Mardi 27 mars: Grande journée aujourd'hui pour les vaches qui sont sorties au parc pour la première fois de l'année. Aussi loin que remonte mes souvenirs, ce moment à toujours fait date dans l'année. Petit, j'étais impressionné par le spectacle de ces gros animaux généralement si placides et patauds et qui à l'occasion des beaux jours et de la mise à l'herbe retrouvaient une seconde jeunesse et nous offrait un mini rodéo pour l'occasion. A l'époque bien sûr, les vaches étaient encore attachées durant tout l'hiver et le lâché était pour elles un très grand changement. Aujourd'hui avec la stabulation libre, le besoin de se dégourdir les jambes se fait nettement moins ressentir. Mais l'attrait de la nouveauté et le changement a comme conséquence de déclencher chez nos pensionnaires un petit moment de folie qui fait remonter en moi le souvenir des lâchés de mon enfance.


Prune nous présente sa sonnaille

Avec la mise au parc, c'est également la saison du parage des pieds qui débute. Travail pénible, salissant et parfois dangereux. Il doit être effectué consciencieusement et il convient d'utiliser les outils de parage avec prudence: un coup de couteau ou de meule en trop, et c'est un animal qui boite et qui souffre durant tout l'été avec comme corollaire, les conséquences que l'on imagine sur le plan économique. Aujourd'hui, j'ai donc été donner un coup de main à Alexandre pour faire ce boulot la suite étant prévue à la maison jeudi et vendredi.

J'ai également pris le temps d'orner les petits veaux de leurs jolies petites clochettes en vue de leur très proche lâché au parc. Désormais, un joyeux tintement retenti dans le box. Sur le moment, ils n'ont pas forcément beaucoup apprécié ce petit morceau de ferraille bruyant suspendu à leur encolure et l'ont manifesté tumultueusement en entamant une ronde bruyante et désordonnée, tentant ainsi de se débarrasser de cet encombrant ustensile. Puis relativement rapidement, ils ont compris l'inanité de leur rébellion et accepté la présence de ces petites sonnailles.

Vendredi 29 mars: Comme annoncé plus haut, c'est au tour de nos vaches d'avoir le droit de passer sur le « travail », cet espèce d'instrument de torture dans lequel les animaux sont solidement entravés, nous permettant ainsi d'effectuer ce travail dans une sécurité relative. Hier nous y avons déjà passé 35 vaches qui ont eu droit à leur petite séance de manucure et ce matin, accompagné par une petite pluie, je m'attaque aux dix dernières. Dans l'ensemble, tout c'est relativement bien déroulé: pas de coup de pied, des sabots dans un état sanitaire correct avant et après le parage, etc... Seul bémol: Alexandre qui s'est ramassé un coup de tête de la part de Jolie et qui l'a envoyé rouler par terre, heureusement sans gravité. Episode plus épique que grave.


Le « travail »

Signalons encore que Lola, la dernière vache à devoir passer au tourniquet et qui n'en avait pas du tout envie, nous le faisait clairement savoir et comprendre en essayant par tous les moyens de s'y soustraire en tentant de forcer le passage en divers endroits. Mais avec un petit peu de patience et le temps qui va avec, on a réussit à la convaincre d'aller s'installer dans le travail, afin qu'elle aussi puisse bénéficier de sa petite séance de manucure. Il ne me reste donc plus qu'une vingtaine de « modzons » à parer, chose autrement plus délicate, les génisses étant par nature beaucoup moins consensuelles que les vaches et manifestent cet état de fait généralement vigoureusement.

Le soir venu, succédant à la pluie de ce matin et à quelques belles éclaircies cet après-midi, des flocons se sont mis à tomber. Tout d'abord timidement, puis de plus en plus fort et serrés, blanchissant rapidement et franchement le sol et les toits. Cette fine couche de neige est restée là jusqu'au matin pour accueillir les vaches après la traite.

Et pour terminer ce mois de mars, voici quelques photos prises par Lisa, Raphaël, Yvan et les moutons. Espérons que pour ces derniers, et contrairement à certains humains pris en photos ici, l'expérience n'ait pas été trop traumatisante....

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