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Vendredi 1er décembre: Déjà !!! Nous voici déjà en décembre, presque au terme de cette année 2006! Les années passent, et de plus en plus vite! J'ai le sentiment de ne pas avoir vu passer les onze premiers mois que déjà le douzième pointe le bout de son nez! J'ai parfois l'impression que la vie ressemble à un de ces rubans encreurs qui garnissaient les machines à écrire d'antan et qui se déroulerait sous nos pieds. Nous laissons des empreintes, faisons des marques tout le long, nous y avançons sans répit dans un rythme soutenu, car la secrétaire qui frappe sur les touches, en prenant de l'expérience, le fait de plus en plus rapidement. Et puis un beau jour on arrive au bout, on l'a tout usé, et on constate qu'il s'est ré-enroulé derrière nous... Ceci dit, décembre est un mois agréable avec son cortège de festivités, l'hiver qui s'installe, le travail en forêt qui recommence. C'est également le mois des décorations de Noël. C'est ainsi que le tilleul de la cour a retrouvé aujourd'hui ses attributs: les « lanternes », présentées sur la photo par Lisa, ces vieilles fenêtres pendues à ses branches et modifiées par la volonté et l'idée d'Anne-France, de façon à faire apparaître en ombre chinoise, le profil de Clara, Antoine et Lisa. L'effet est avouons-le assez bien réussit, et annonce un Noël désormais tout proche. |
Lundi 4 décembre: Nuages gris et bas courant le long du jura. Petite pluie fine qui fouette le visage. Les gouttelettes d'eau qui passent presque à l'horizontale, poussées par les rafales et les bourrasques de ce vent qui s'est levé ce matin et qui se succèdent parfois avec violence. La pluie n'est pas la seule à se faire emporter, les dernières feuilles qui s'agrippaient encore tant bien que mal aux branches, s'envolent également et vont rejoindre celles déjà tombées qui s'entassent le long des murs et des trottoirs. Et dire que Anne-France avait tout balayé samedi...!!
Telle est donc la météo de cette journée. Une personne ayant le moral dans les chaussettes, pourrait la qualifier sans autre de calamiteuse! Pour ma part, je me contenterai de dire que c'est une véritable météo pour une journée d'automne. Et c'est également le temps qui m'a accompagné tout au long de la route en direction de Fey alors que je conduisais mon tracteur ... sans cabine!! jusqu'à l'atelier mécanique pour y contrôler l'embrayage. J'ai vraiment bien choisi mon jour!
Il faut dire que ce tracteur avec son frontal, nous l'employons tous les jours, il a remplacé la pelle et la fourche dans notre exploitation. Tous les jours il porte, élève, transporte des centaines de kilos. Il sort le silo, évacue le fumier, réduit les balles de foin, de paille. Sans cabine, il s'enfile dans les moindres « renfiles », passe sans problème sous les branches des arbres. Suffisamment puissant il ne rechigne pas si d'aventure, il doit faire quelques heures à la herse. Bref, le tracteur polyvalent par excellence! Sans compter les innombrables services qu'il rend aux voisins. Alors quand il est en baisse de forme comme ces jours, on s'inquiète un peu! Et on se dépêche de le remettre entre les mains expertes des mécanos pour qu'il retrouve toute sa vitalité. Mais disons le tout-net, son absence nous laisse tout démuni! Espérons que le mal soit léger et vite réparé, de façon à pouvoir reprendre au plus vite nos activités normales.
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Mardi 5 décembre: « Le Soleil a rendez-vous avec la Lune », chantait Charles Trenet. Et bien figurez-vous que ce soir, il s'en est fallu de peu que la rencontre se fasse! Le soleil avait à peine disparu derrière le Jura, inondant l'immensité du ciel de ses derniers rayons et donnant un éclat rose orangé aux quelques nuages flottant à l'ouest, que la lune ronde et majestueuse s'élevait par dessus le château de St Barthélémy et éclairait la nuit de sa lueur blanchâtre. On ne savait plus quoi regarder, le magnifique couché de soleil ou le non moins splendide levé de lune! Ce soir, le soleil avait rendez-vous avec la lune, et je suis sûr que Trenet aurait fait une belle chanson face à un si beau spectacle. Peut-être que ces deux-là s'étaient donné rendez-vous pour saluer l'arrivée de « Paprika », la jolie petite génisse née durant l'après-midi. Il y a quelques jours, Nadine sa mère, avait réussi un véritable petit exploit dans la salle de traite. J'ose espérer que ses prochains passages seront plus tranquilles... |
Mercredi 6 décembre: « Mastu » le gros veau noir, est parti avec un autre de ses copains ce matin. C'est le lot des veaux mâles qui naissent sur notre exploitation, ils vont continuer leur vie de veaux à l'engrais ou de taureaux de boucherie chez des spécialistes qui les amèneront au poids d'abattage idéal. Tel est le destin des veaux mâles dans l'élevage laitier du 21e siècle, ils n'ont plus leur place! En effet, depuis l'avènement et la généralisation de l'insémination artificielle, rare sont les troupeaux de vaches laitières comptant un taureau reproducteur dans leur effectif. Il existe un tel choix dans l'offre, un tel nombre de sociétés spécialisées dans la vente de doses de spermes (Swissgenetic, Sersia fr, Semex cdn, etc...), qu'il est devenu inutile, voir un peu dangereux d'axer son programme d'élevage sur un taureau unique.
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La pluie est tombée sans discontinuer aujourd'hui. J'en ai profité pour nettoyer les chéneaux du toit de l'écurie qui avaient quelque peu tendance à déborder. En voilà qui ont vu déjà passer passablement d'eau! Le bâtiment qui abrite l'écurie a plus de 170 ans et le toit est sauf erreur de ma part, celui d'origine. Sur la photo ci-contre, on distingue la date de construction figurant sur la clé de voûte de la porte de l'ancienne grange: 1834. Les pierres de taille utilisées pour cet encadrement sont en pierre jaune du Jura. Un première transformation a été effectuée en 1968 et à cette époque, le bâtiment avait été complètement vidé et réorganisé de manière à y placer 30 places entravées pour des vaches et 15 pour des génisses avec en plus, petite révolution pour l'époque, l'installation d'une des premières traite directe. Et puis en 2001, règlements sur la détention d'animaux et commodité de travail obligent, nous avons une nouvelle fois vidé le bâtiment afin de le transformer en stabulation libre, les animaux pouvant y déambuler comme bon leur semblent. Un peu plus gourmand en place, ce système a exigé la construction d'une salle de traite et d'une surface dévolue à l'affouragement. |
J'ai eu la chance de retrouver une photo du bâtiment prise si j'en crois l'indication inscrite au verso, en 1918. Il est intéressant de noter que depuis cette époque, quelques modifications sont intervenues, notamment le rallongement de l'avant-toit et la construction d'un abri sur la grange à pont. Il est également intéressant de découvrir le look des paysans et collègues d'autrefois et de constater que le port des bretelles semblait alors très prisé! Ne voyez pas dans ma remarque un quelconque sujet à moquerie, étant parfaitement conscient que parfois mon look n'est guère plus seyant! Il ne m'a pas été possible d'identifier les personnages que l'on voit sur la photo, mais selon certaines sources familiales, ces jeunes hommes auraient été des commis de ferme.
En tous les cas, la pluie dont je parlais plus haut nous a bien arrosé aujourd'hui et il y a fort à parier que si elle continue à tomber, le nom de la ferme va encore se justifier. Le terrain derrière chez nous s'appelle « Au Marais ». C'est en effet pour une grande partie de la terre noire, riche en substance organique, témoignant de son passé marécageux. Ce terrain a été drainé dans les années soixantes et avec la minéralisation de cette importante couche d'humus, le niveau du sol s'abaisse et naturellement les tuyaux de drainage avec. Conséquence inévitable de cet abaissement en cas de fortes pluies: la création d'un lac (ici automne 2005) qui selon la quantité d'eau tombée peut atteindre une étendue relativement conséquente. Quand un pareil cas survient, cela fait généralement la joie des canards fréquentant la région qui ne mettent guère de temps à s'installer sur les berges et à venir barboter sur le plan d'eau. Cela aiguise aussi l'inventivité de toute une bande de marins d'eaux douces qui n'ont de cesse d'imaginer radeaux et autres esquifs devant leur permettre de traverser en long et en large ce petit « océan ». Inutile de préciser que cela se termine immanquablement par un retentissant naufrage et c'est naturellement tout trempés que ces Tabarly en herbe qui ont pour prénom: Louis, Mathieu, Sébastien et Antoine, rentrent à la maison, morceaux de l'épave sous les bras, afin de se faire gronder par leur maman respective. Et puis, il est aussi arriver qu'en lieu et place des canards et des marins, ce soit les modzons qui prennent possession du lac et aillent faire trempette, comme le prouve cette photo prise en automne 2002.
Vendredi 8 décembre: Cet après-midi, j'ai rendez-vous avec le garde forestier pour aller marquer la coupe de bois. J'ai personnellement besoin de 30 m3 pour le chauffage et mes acolytes des bois qui ont pour noms: Cali, Mastu et la maison Champendal vont quant à eux, s'en partager environ 40 m3. Le chantier de cette année sera particulier, parce que situé à l'orée du bois de La Chambre, tout au bord de la route. Une synchronisation avec les cantonniers sera vraisemblablement nécessaire. Nous sommes propriétaire d'un peu moins de 5 ha de forêt. Il est vrai que leur entretien demande passablement de temps, mais le besoin en bois de chauffage et la possibilité de passer de magnifiques journées en forêt, permet d'y faire face sans trop de problème. J'aurai sûrement la possibilité de revenir sur ces moments qui si ils sont parfois pénibles et fatiguants, permettent toujours de se ressourcer et de puiser une énergie qu'il est difficile de trouver ailleurs.
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Il faut encore que je mentionne le cas extrêmement peu courant dont j'ai été le témoin hier en compagnie d'Albert et d'Alexandre. Ce dernier possède une vache qui s'est mise à boiter méchamment ces derniers jours. Nous avions donc rendez-vous aux alentours de 11 heures (!!!!) pour la mettre sur le travail (appareil de contention pour parer les pieds) afin de déterminer les causes de cette boiterie. Et bien figurez-vous que ce ne fût pas nécessaire, car à mon arrivée sur place, Alexandre brandissait triomphalement la cause du mal: une dent! Une dent de vache qu'une de ses consoeurs voir peut-être elle-même, avait perdu et qui était grâce à ses racines pointues, venue se figer sous un sabot. Rassurés par l'heureuse issue de cette blessure et encouragés par l'heure idéale, ils ne nous restaient plus qu'à nous installer pour ... l'apéro! |
Dimanche 10 décembre: Soleil rayonnant ce matin pour saluer l'arrivée de la neige qui a recouvert le Jura. Cette neige que tous les responsables des stations de sport d'hiver espéraient de tous leurs voeux et qui a fini par tomber cette nuit jusqu'à une altitude de 900 mètres sur le Jura, dessinant ainsi une ligne sur son flanc indiquant la limite des chutes de neige. Quant aux Alpes, il est possible qu'elle soit même descendue plus bas car hier soir, les flocons ont réussi à blanchir la Riviera! Alors, cette fois-ci est-elle la bonne, l'hiver s'installerait-il? Ce serait une bonne chose! Ce qu'on peut déjà dire, c'est que cette arrivée du froid a permis aux transporteurs qui s'occupent du salage et du déneigement des routes, d'effectuer une première sortie.
Lundi 11 décembre: Besoin du véto aujourd'hui pour la petite dernière qui est au plus mal! Hier soir elle donnait déjà des signes de mauvaise santé, elle n'avait pas le « peps » des jours passés. Et puis dans l'après-midi, elle est morte. Ce fut rapide et soudain, mais tout de même, je suis assez fâché après moi de n'avoir pas vu le mal plus vite...
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Mardi 12 décembre: Visite ô combien intéressante et sympathique aujourd'hui: Aminatou, jeune femme originaire du Niger, ingénieure agronome de formation mais surtout paysanne dans l'âme, est de passage en Suisse. J'ai le plaisir de lui faire découvrir l'exploitation et les animaux qui s'y trouvent. Elle vient d'un petit village tout prêt de la ville de Tahoua chef-lieu de la province du même nom. Toute sa jeunesse, elle l'a passée en compagnie des chèvres et des animaux dont sa maman s'occupait. A la vue de « Bibiche » qui traînait par là, son visage s'est éclairé d'un magnifique sourire nous faisant bien comprendre la place qu'occupent ces animaux dans sa vie. Pour ma part j'ai imaginé très euphoriquement que c'était peut-être là l'occasion de faire un don et de me débarrasser d'une manière définitive du caprin « pétoleur ». Il m'a fallu une nouvelle fois déchanter, la compagnie aérienne n'aurait sûrement pas été d'accord de l'embarquer. Peut-être que j'aurai dû la déguiser en chien? Oui mais comment la faire aboyer? Bon tant pis, une prochaine fois... |
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Je disais donc qu'Aminatou provient d'une région située à environ 700 km de Niamey, capitale du Niger. Après la visite rendue rapide par le froid qui règne nous allons prendre une tasse de thé à la cuisine. Là, Aminatou prend le temps de nous raconter à Anne-France et à moi, son parcours de vie ma foi peu banal. Ainsi nous apprenons comment, avec la complicité de sa mère, elle a quitté furtivement et de nuit son village, de manière à pouvoir continuer ses études secondaires. Nous prenons conscience combien l'accès à l'instruction est souvent chaotique et difficile pour des enfants qui cumulent les handicaps d'habiter à la campagne et d'être du sexe féminin! Aujourd'hui, Aminatou est députée au parlement du Niger et se trouve actuellement en Suisse dans le cadre d'une session de l'Union Interparlementaire, organisme international qui regroupe comme son nom l'indique, des délégations des parlements nationaux de 140 pays. Le programme de cette session lui convient particulièrement puisque les discussion vont porter sur l'équilibre hommes-femmes au sein des institutions politiques.
Alors oui, une rencontre vraiment intéressante mais surtout émouvante avec cette femme dont la passion pour la nature et la chose agricole est pleinement perceptible. Cette passion que l'on retrouve chez beaucoup de paysans de tous les pays du monde, quelque soit l'endroit où ils pratiquent cette activité.
Mercredi 13 décembre: Cette fois ça y est la saison au bois est lancée, j'y suis allé cet après-midi pour la première fois. Bon je vous l'accorde, ce ne fut pas un après-midi très productif et à haut rendement, mais tout de même le mouvement est lancé! Au programme quatre sapins complètement attaqués par ce diable de petit coléoptère le bostryche et qui n'attendaient que la tronçonneuse. Le premier n'a pas posé de problème particulier, il s'est abattu dans la bonne direction, tout d'abord lentement puis de plus en plus vite, jusqu'à ce qu'il atteigne le sol dans un fracas sourd de branches brisées. Puis ce fut l'arrivée des visites! Visites est un des termes qu'on peut utiliser, mais il y en a d'autres comme par exemple: « encoubles », ou encore « agonies » ou alors « éléments extérieurs vecteurs de stress et/ou d'emmerdements ». Parce qu'il faut bien dire qu'à partir de ce moment, les choses vont de travers. En premier lieu mon programme que j'avais soigneusement organisé au niveau du timing puisqu'il devait me permettre d'abattre et de façonner quatre plantes. J'ai malheureusement dû me contenter de deux! Et encore quand je dis deux, j'exagère! Je devrais parler d'une plante et demi, puisque naturellement le deuxième sapin s'est « adoché » sur un « foyard » (hêtre) déclenchant ainsi l'hilarité parmi le public ainsi que toute un série de moqueries à mon égard que je me garderais bien de vous rapporter ici. Ajouter à ceci une tronçonneuse qui péclote et ne peut pas en avant et vous obtiendrez un tableau assez ressemblant de ce qu'il m'a fallu subir cet après-midi. En tous les cas, assez d'éléments qui m'ont fait penser qu'il était grand temps de rentrer, puisque l'heure du « gouvernage » était déjà largement atteinte. Demain est un autre jour qui amènera (peut-être) son lot de satisfactions qui ont malheureusement fait défaut cet après-midi!
Samedi 16 décembre: Un rituel s'est instauré depuis quelques années pour Antoine et moi, celui qui consiste un peu avant Noël, à partir à la cueillette du sapin qui va garnir le hall de la maison pendant une quinzaine de jours. Cette année n'a pas failli à la tradition et nous nous sommes donc rendus à la forêt pour mettre la main sur le « roi des forêts ». Ce n'est jamais facile le trouver « mon beau sapin ». Ou plutôt il faudrait dire que ce n'est jamais facile de le choisir: trop grand, trop petit, trop branchu, trop dénudé,trop large, etc, etc... Et puis toujours le choix ultime, cornélien à souhait: sapin blanc ou épicéa ??? Alors une fois qu'on pense que peut-être on tient la perle rare et qu'à notre avis le spécimen qui se dresse devant nous sera « l'Elu », ne voilà-t-il pas que mon partenaire de recherche y trouve tous les défauts du monde! Inutile de préciser que ce différend fonctionne invariablement dans un sens comme dans l'autre et qu'il rallonge considérablement le temps nécessaire pour ramener à la maison le conifère tant désiré.
Néanmoins, nous finissons par nous mettre d'accord sur quatre exemplaires , voisinage oblige la commande portait en effet sur quatre sapins, que nous estimons aptes à réussir le dernier examen, l'ultime épreuve: l'oeil critique de la maîtresse de maison.
Cette virée matinale nous a fait découvrir une forêt rendue mystérieuse et inquiétante par un brouillard aussi épais que humide. Le moindre bruit prenait une résonance menaçante. La silhouette fantomatique des arbres donnait l'impression que les cimes étaient sans fin et qu'elles se perdaient dans le ciel. Ils nous semblaient qu'a tous moments elfes, nains ou autres bestioles mystiques auraient pu surgir et nous emporter dans je ne sais quel monde du « Milieu ». Finalement, rien de tout ça ne s'est passé et nous avons réussi à rentrer sains et saufs, car en guise de monstre, il n'y eu que Antoine et son sapin. Lebrac s'était un jour de brouillard, trouvé nez à nez avec un monstre tout droit sorti des ténèbres. Il ne le savait pas, mais ce n'était que Gaston Lagaffe qui sur ordre de Prunelle, débarrassait son bureau de quelques affaires devenues inutiles et par la force des choses, encombrantes. La situation d'aujourd'hui m'a fait repenser à ce gag.
Et puis l'après-midi, c'était le baptême officiel de « Pompagnolle ». Vincent, son propriétaire, avait prévu pour l'occasion de préparer une sympathique fondue. J'avais arbitrairement pris les devants en surnommant l'animal « Pompagnolle », or un choix plus démocratique s'imposait et c'est ainsi que l'ensemble des personnes présentes prirent part à un vote qui devait déterminer quel serait à l'avenir le petit nom de cette jolie génisse. Nous disposions à cet effet d'une longue liste de noms tous plus extravagants les uns que les autres, liste préparée par le propriétaire de l'animal et complétée par Mastu et consorts. Au final, et à une quasi unanimité, ce fut finalement le même nom qui fut retenu quoique avec une légère différence dans l'orthographe. Le petit veau s'appellera dorénavant: « Pompagnôle ». L'arrivée du brouillard dans le marais annonçait une journée qui se terminait, il faut le dire dans une certaine euphorie générale due vraisemblablement à la satisfaction d'avoir réussi à trouver un nom digne du veau et de son propriétaire...
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Mardi 18 décembre: La bise s'est levée hier, sifflant et soufflant tant et plus, donnant à chacun l'occasion de pester contre cette intruse qui ne réussit qu'à mettre tout le monde de mauvaise humeur. Impossible de croiser quelqu'un sans qu'invariablement elle fasse parler d'elle et ce, jamais en des termes élogieux! Ce sont plutôt jurons et malédictions qui sont proférés. Elle s'enfile par le moindre petit trou, décoiffe, rend tout glacial malgré le fait qu'il ne fait pas excessivement froid: à peine -1 Co, -2 Co! Alors on a sorti la grosse veste, le bonnet seyant à souhait! En clair, on se transforme en esquimau histoire de l'affronter plus sereinement. Même les animaux sont transformés: ils ont le poil tout hérissé, sont plus nerveux que d'habitude, et essayent aussi d'échapper aux attaques de cette grande vilaine qui s'en prend ainsi à eux. Il est ainsi un animal qui fait particulièrement le gros dos en cette période de bise, c'est Bibiche. Elle se voit dans l'obligation de quitter l'endroit privilégié où elle aime à rester d'habitude soit la grange, pour se réfugier dans la stabulation. Mais alors là voyez-vous, ce n'est pas moi qui vais la plaindre... |
Un participant au baptême a été très fier de me prouver qu'il était possible de l'attraper sans forcément se faire casser le nez... |
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Mercredi 20 décembre: Je me suis étendu hier sur les méfaits de la bise. Il faut toutefois lui reconnaître un avantage, c'est celui de nous apporter du froid . Ce froid qui va figer et durcir le sol de manière à nous permettre d'aller sur le terrain, en l'occurence sur les prairies, et d'y épandre le déjà gros tas de fumier accumulé depuis la descente. Les machines sont de plus en plus grosses et bien que équipées en pneus conçus pour limiter au maximum le tassement, il n'est parfois pas toujours possible d'éviter certains dégâts. Alors avec la bise et le froid qui l'accompagne on évite ce genre de problème. Autre avantage certain: les odeurs! Le froid atténue fortement les désagréments olfactifs liés à l'épandage de cette marchandise certainement enrichissante en terme de fertilisant, mais quelque peu nauséabonde quand on passe à côté de la parcelle ou qu'on y habite! (merci aux voisins pour leur compréhension) Et puis, hasard du calendrier ou gestion attentive de Philippe, il semblerait que nous ayons travaillé avec la bonne lune: elle descend! Ce genre de considération n'a plus tellement cours à notre époque. Difficile en effet de ne pas être un peu sceptique face à ce genre de règles venues du fond des âges et qui n'ont jamais été jusqu'à aujourd'hui, prouvées scientifiquement. Encore plus difficile de les concilier avec les méthodes actuelles de production, qui ne laisse souvent plus le choix du moment pour effectuer certains travaux. D'ailleurs je connais peu de gens prenant la peine d'attendre la lune descendante pour aller chez le coiffeur! Mais peut-être le faudrait-il après tout: la lune fait des miracles avec les océans ...! Alors voilà, pour une fois on aurait tout juste! Et puis demain, il faut s'attendre à ce que le grand-père fasse sa remarque désormais traditionnelle sur la longueur des jours. Car c'est en effet demain qu'ils commencent à se rallonger! Cette journée a beau marquer notre entrée dans l'hiver, c'est également celle où les journées recommencent à grignoter des secondes sur les nuits et par là même, à nous entraîner vers le printemps. Vous dire encore que je me suis laissé dépasser par les événements et j'ai oublié de mentionner les derniers vêlages. Alors pour rattraper ce petit oubli, je vous annonce les mise-bas de: Fabiola qui nous a fait une petite génisse noire, et de Myriam et Lola qui ont toutes deux fait des mâles. On les voit sur la photo ci-contre en pleine séance « biberons ». |
Dimanche 24 décembre: Pour ceux qui vivent sous la couche de stratus dans la grisaille et le froid, il peut paraître improbable et irréel qu'il puisse exister pas très loin de nous, un soleil radieux et éclatant, brillant de tous ses feux dans un ciel bleu et immaculé. Or c'est bel et bien le cas! Et il suffit en fait de faire quelques kilomètres et de s'élever d'environ 500 mètres pour retrouver l'astre de jour et sa chaleur. C'est ce que j'ai fait ce matin en prenant la direction de Sainte-Croix et du Chasseron. Une fois là-haut, je me suis retrouvé comme transporté par la vue qui m'entourait. Le calme et la quiétude du lieu nous envahissent agréablement et nous permettent de goûter pleinement à la beauté de la vue qui s'offre à nos yeux. A nos pieds, il y a cette mer de brouillard blanche et cotonneuse, ce duvet ouaté d'où n'émerge au loin que le Mont-Pélerin. On dirait une grosse baignoire pleine de mousse, dont les bords seraient les Alpes au sud et le Jura au nord. Même sans neige, le paysage sait être grandiose! Rendez-vous là-haut pour vous en persuader, ou sur le diaporama rapporté de cette petite excursion.
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Lundi 25 décembre: Aux quelques lecteurs assidus de cette chronique (et bien oui, à mon grand étonnement il y en a !), à ceux plus occasionnels, aux visiteurs qui sont là par hasard et qui ne font que passer, à ceux qui ne regardent que les photos, à celles et ceux qui sont loin d'ici, aux personnes que j'ai citées, à celles qui le seront bientôt, aux agonies, aux encoubles, à toutes ces personnes, je tiens à souhaiter un très joyeux et heureux Noël. |
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Mardi 26 décembre: Histoire de vous mettre l'eau à la bouche, voici une photo faisant découvrir qu'elles ont été pour certains, les activités d'aujourd'hui. Mais qu'elles étaient-elles ??? Mercredi 27 décembre: Pas facile de trouver, n'est-ce pas! Je ne vous cache pas que pour ma part, je m'interroge également sur les motivations de ce personnage. J'ai toutefois un début d'explication que je me permets de vous exposer: motivé par la crainte d'être iniquement classé dans une catégorie de collaborateur (visiteur) peu valorisante telle que par exemple « agonie » ou encore « encouble », j'imagine que cet excès de zèle visait à me prouver combien sa présence était pour moi fructueuse et indispensable. Je dois reconnaître avoir été accompagné durant cette journée, par des assistants particulièrement motivés et travailleurs qui m'ont permis de faire une avance remarquable, ce dont je les remercie très amicalement. |
Et puis cet après-midi, j'ai eu l'agréable surprise de trouver à la stabulation une petite génisse toute neuve. Il s'agissait du veau de Eole qui venait de mettre bas. Malheureusement, elle n'a pas voulu prendre son repas ce soir, et ça je n'aime pas beaucoup, on ne sait jamais ce que cela nous réserve comme surprise! Et puis la nuit passée, c'est la génisse Manon qui a vêlé. Egalement une petite génisse mais de race valaisanne. Je suis sûr que sa propriétaire, de là où elle se trouve, va veiller sur elle...
Vendredi 29 décembre: Aujourd'hui, c'est le tour de Jolie de donner naissance à un énorme veau mâle. Je ne vous cache pas que tous ces petits veaux qui arrivent en même temps nous donnent pas mal de travail supplémentaire. Ce d'autant plus qu'il y en a quelques-uns qui n'arrivent pas à se défaire d'une diarrhée récurrente.
Dimanche 31 décembre: Et voilà, nous sommes arrivés au terme de cette année 2006. Une de plus à notre actif! Ou une de moins, c'est selon... Ca dépend par quel bout de la lorgnette on regarde la vie! La fin de l'année, c'est la période des bilans. Si d'ordinaire ils sont plutôt d'ordres matériels et financiers, il est parfois bénéfique d'en établir sur un plan plus moral.
Mais cantonnons-nous au bilan agricole de cette année 2006 qui aura été marquée sur le plan de la météo par un mois de juillet chaud et sec, suivi par un mois d'août glacial et humide. Sans oublier, et là je pense que certains s'en souviendront durant de longues années, cette terrible première semaine de juin qui a vu la neige recouvrir les alpages jusque vers 1000 mètres et ce durant quasiment 5 jours. Alors pour les troupeaux de vaches déjà estivés et les personnes qui s'en occupaient, ce ne fut vraiment pas drôle.
Pour en revenir aux cultures, on peut dire que ce furent essentiellement les pommes de terre qui souffrir le plus des conditions météo de juillet et août. Concernant les céréales, ce ne fût pas et de loin, une année exceptionnelle. Il faut cependant avouer qu'en se contentant d'un unique traitement pour produire selon la norme extenso, on limite déjà fortement la possibilité d'obtenir des bons rendements. Ajoutez à cela les aléas climatiques exposés plus haut et vous obtenez des rendements de l'ordre de 50 kg/are. Pour les endives au contraire, il semblerait que l'année ne soit pas si mauvaise. Mais il est encore un peu prématuré d'avancer des chiffres, tous les résultats n'étant pas encore en notre possession.
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Et puis concernant le bétail, rien de particulier si ce n'est que cette première partie de l'hiver a été caractérisée par une multitude de petits problèmes tels que boiteries, fièvre du lait, mammites et autres diarrhées. Rien de bien grave en soi, mais la multiplication et parfois la simultanéité de ces problèmes ont engendré quelques lassitudes et découragements auprès du personnel soignant. Gageons que cette fin d'année mettra un terme à ces quelques vicissitudes et que la nouvelle apportera sont lot de satisfactions. D'ailleurs Nina, la génisse à Pierre-André a clôturé à sa manière l'année 2006 en mettant au monde un petit taureau. Le vêlage n'a pas été tout seul, mais à l'heure où j'écris ces lignes, tout le monde va bien. |
Je ne veux pas terminer sans avoir une pensée pour Manon qui nous a si injustement quitté cette année, juste un petit mot pour dire qu'elle nous manque beaucoup et que l'on pense toujours très fort à elle.
Bonne année 2007 à tous