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Dimanche 1er avril: Voilà, elles m'ont cassé le fil! La première fois de la saison mais assurément pas la dernière je suppose. Elles se sont donc répandues dans le ray-grass, se régalant de cette herbe idéalement réservée pour l'ensilage. Mon petit travail du dimanche est donc tout trouvé. Merci les vaches pour votre poisson d'avril! |
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Mercredi 4 avril: Une bise violente et soutenue s'est levée ce matin mettant ainsi de fort mauvaise humeur hommes et bêtes. Le ciel gris et bas accouche même de quelques flocons démontrant ainsi qu'avec cette bise, que décidément peu de personnes apprécient, c'est également le retour du froid qui nous est offert. Dommage, nous nous étions bien habitué à cette douce chaleur printanière qui s'était mise à régner ces derniers jours. Heureusement que la météo reste optimiste quant aux perspectives pour les jours suivants et nous prédit un week-end Pascal ensoleillé et chaud. Ceci dit et entendu, il n'en reste pas moins que malgré le retour de « la Vilaine », les vaches sont vaillamment parties au parc sans rechigner. Il faut dire qu'il y a certains endroits dans la pâture qui sont bien abrités des attaques de la bise, bien mieux en tous cas que l'écurie. C'est ainsi que tout à côté du petit bois « d'Iquederrey », en un lieu que certains ont baptisé « point de vue », les vaches ont passé une bonne partie de la matinée bien à l'abri des bourrasques de la bise. Les veaux également ont eu droit à leur sortie et eux aussi ont su trouver un endroit abrité, juste à côté de la haie du voisin.
Et puis lundi, nous avons eu la visite du vétérinaire. Les veaux les plus jeunes donnaient des signes auxquels il faut prendre garde: toux, oreilles pendantes, manque d'entrain, etc... Pour l'un d'entre eux, il a fallu appliquer une mesure plus radicale et lui administrer une piqûre d'antibiotique. Pour les autres, le traitement se résume à leurs donner en complément de leurs repas, « la poudre magique ». Car il faut avouer que grâce à cette poudre, la guérison ne se fait jamais beaucoup attendre. Et cette fois encore, les effets du traitement pouvaient déjà s'observer dès le lendemain.
Jeudi 5 avril: Matinée terne et grise ce matin. La bise toujours présente quoique nettement moins virulente, entraîne avec elle fraîcheur et nuages qui nous bouchent l'horizon. Avec ce temps, inutile d'espérer apercevoir les Alpes. Quant au Jura, on le devine plus que l'on ne le voit, une ligne fantomatique se dessinant au travers des nuages bas entre le nord et l'ouest.
Vendredi 6 avril: Ce matin, il m'a fallu subir une traite que l'on peut qualifier sans autre de chaotique. Et l'adjectif n'est pas exagéré! En tous cas, on ne peut pas dire que les vaches aient été des plus coopératrices et qu'elles m'ont offert à peu près toute la gamme des petits désagréments qu'on peut rencontrer parfois à l'occasion de la traite. Cela a d'ailleurs commencé dès mon arrivée à l'écurie avec la préparation de la salle de traite et des ustensiles. J'allume donc la lumière donnant ainsi le signal à ces quadrupèdes que l'heure de la traite est arrivée et qu'il est temps de se lever et de se diriger vers la salle de traite. Entre temps, je m'occupe de la préparation de cette dernière et du contrôle du tank. Ces différentes petites choses effectuées, je retourne à l'écurie pour découvrir que... en effet, les vaches se sont bel et bien toutes levées, mais non pas pour aller dans l'aire d'attente, mais plutôt pour se diriger dans la cour où elles se sont mises en faction devant l'entrée du parc, prêtes à s'y rendre. Il a donc fallu faire se retourner tout ce petit monde et lui faire prendre l'autre direction, cette fois la bonne, soit la salle de traite. Mais ce n'était là que le début, rien dans cette traite ne fut conventionnel. Entre celles qui ne voulaient pas entrer dans la salle de traite, celles qui ne pensaient que d'en sortir, celles qui me laissèrent ... un petit souvenir, les machines jetées au sol, ce ne fut qu'une suite ininterrompue de petites chicaneries. Mais le plus ennuyeux fut le fait de Lolita et de Jawa. La première a reçu il y a quelques jours, un coup à la tétine, et ce matin c'était un caillot de sang qui obstruait le trayon, interdisant de ce fait le passage du lait et colorant de manière significative le lait d'une jolie couleur rouge. Voilà donc une vache supplémentaire à traire au pot durant quelques jours. Quant à Jawa, elle avait un comportement des plus bizarres: elle était inquiète, n'a pas cessé de bouger nerveusement, essayant à plusieurs reprises de passer par dessus la barrière, et pour finalement ne donner à peine plus d'un litre de lait.. Plus inquiétant, sa tétine était dure comme du caillou. Que cela nous réserve-t-il? Mystère!
Enfin voilà les petites misères d'une traite hors norme qu'il faudra rapidement oublier.
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Fort heureusement, le soleil nous a offert un beau spectacle en se levant un peu plus tard, annonçant ainsi à sa manière, une magnifique journée et rattrapant un peu l'entrée en matière chaotique de ce début de matinée. Samedi 7 avril: Un magnifique temps ensoleillé a régné en maître aujourd'hui. Il m'a incité à aller faire quelques photos du bétail qui se dore au soleil. Les veaux, les vaches mais aussi l'une des jolies Jersey de notre voisin Olivier. Une vue également sur la rangée de clochettes et grelots très soigneusement préparés et entretenus par Papa, ils n'attendent plus que l'encolure d'une bête. |
Lundi 9 avril au vendredi 13 avril: Départ pour une petite virée au travers de la France. Le récit de ce petit voyage ici.
Samedi 14 avril: De retour au travail, je constate que la nature a mis à profit ces quelques jours pour prendre de l'avance, et même pas mal d'avance! Les arbres fruitiers se sont couverts de fleurs, les forêts se sont parées de la couleur vert clair si caractéristique du printemps, avec les feuilles qui viennent de sortir de leurs petits abris que sont les bourgeons. Les cultures ont également poussé et le jaune des champs de colza se détache maintenant clairement des autres cultures, créant de la sorte un grand damier campagnard. Et puis il y a les dents de Lion qui sont venues garnir les prairies de milliers de petites taches jaunes. Alors oui, pendant que certains prenaient du bon temps sur les routes de France, la nature elle de son côté, profitant d'un soleil éclatant et d'une douceur estivale, mettait les bouchées doubles. Sinon, tout à l'air de s'être bien déroulé durant mon absence. Vaches, veaux et trayeur m'ont tous semblé de bonne humeur, me laissant imaginer de la sorte qu'aucun problème majeur n'était venu interférer dans la bonne marche de l'exploitation.
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Un magnifique ciel bleu comme fond à ce cerisier fleuri comme jamais. |
Malgré le manque d'eau, les pâtures restent vertes et profitent pleinement au bétail. |
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Le bouleau ne semble pas souffrir du sec. Lui qui a l'habitude d'avoir les pieds dans l'eau, profite sans doute des réserves hydriques du marais. |
Du jamais vu! Les vaches se protégeant du soleil à l'ombre des cerisiers en fleurs. |
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Les pois semés il y a peu sont sorti de terre. La plante dans son éternelle quête du soleil s'est faufilée jusqu'à la surface. Les racines quant à elles font le contraire et s'enfoncent à la recherche de l'eau |
Un mois d'avril comme je n'ai jamais vécu. Les cultures ont prospéré comme jamais. Ici le blé et le colza en arrière plan |
Mercredi 18 avril: Soleil et chaleur continuent à nous accompagner durant ces journées printanières qui se rallongent jour après jour. Hier, j'ai terminé de fendre mon tas de bois à la forêt. Là-bas, à l'ombre des feuilles récemment écloses, la température est très agréable et c'est avec soulagement que j'ai terminé ce travail. L'hiver peut arriver! Et puis aujourd'hui, j'ai également fini avec le parage des pieds, il me restait les « modzons ». Si le parage des pieds aux vaches est un exercice pénible, le même avec des modzons l'est encore plus! Ces jeunes animaux pleins de vigueur et de fierté ont beaucoup de peine à s'abandonner à notre volonté et le font généralement savoir assez énergiquement. Il faut donc une cargaison de patience pour qu'ils se calment et se laissent faire sans trop rechigner. Mais ce travail est donc chose faite et là aussi, c'est tant mieux!
Jeudi 19 avril: Il est un événement dans l'année auquel j'attache une certaine importance. Tous les ans à pareille époque, de grandes voyageuses sont de retour et s'installent pour l'été entre les poutres du pont de grange pour certaines ou sous les avant-toits pour d'autres. Vous aurez deviné que je faisais allusion aux hirondelles qui viennent nous émerveiller avec leurs vols aux trajectoires audacieuses et parfois périlleuses. Combien de fois avons-nous été surpris par l'un de ces oiseaux faisant du rase-mottes en sortant de l'écurie et nous frôlant à une vitesse vertigineuse. Alors oui, j'attends ces arrivées avec impatience puisque la croyance populaire se plaît à colporter, que leur présence dans tel ou tel autre bâtiment prouverait ou indiquerait que son propriétaire est un bon type! Imaginez l'angoisse si par malheur elles ne revenaient pas! Mais cette année encore elles sont arrivées, hier ou avant-hier difficile de le dire avec précision puisqu'elles ne sont pas venues s'annoncer. Mais elles sont bien là, une couple chez les génisses et un autre qui a suspendu son nid sur une des poutres du box de vêlage. Ouf...!
Vendredi 20 avril: Demain a lieu l'exposition régionale des syndicats d'élevage de la tachetée rouge. Dans un tournus s'étalant sur huit ans, cette manifestation se tient d'une région à l'autre du canton et permet aux éleveurs de présenter leurs meilleurs sujets, le tout dans un esprit un peu moins soumis à la compétition que dans une exposition de plus grande ampleur. Aujourd'hui nous en sommes à la préparation, avec la mise en place dans le magnifique et immense manège de Malapalud, des perches, chaînes et ring où seront attachées et présentées les vaches et génisses inscrites à cette fête.
Samedi 21 avril: Voici donc venu le jour de la grande exposition régionale de Malapalud. Environ 140 bêtes sont exposées aujourd'hui, soumises aux expertes appréciations du juge et du public. Il a fallu que ces dernières semaines, l'équipe de l'organisation fournisse un gros travail de préparation pour que tout soit prêt ce matin, et hier c'était aux exposants de venir leur prêter mains fortes pour la touche finale. Bien sûr, il reste encore mille détails à régler, mais l'expérience a depuis longtemps prouvé qu'ils se gèrent assez facilement au fur et à mesure de la journée. En parallèle, il y a eu la préparation des vaches: nettoyage complet, manucure, tonte, etc. Alors bien sûr, on observe des niveaux de préparation quelque peu différents entre les propriétaires. Certains (j'en fais partie...!) y consacrent un « petit » peu moins de temps que d'autres. Mais l'essentiel est somme toute de participer, n'est-ce pas? En fait, mon principal critère pour le choix des deux animaux que j'allais présenter était la gentillesse, partant du postulat qu'il serait plus agréable de promener des animaux dociles que nerveux. D'autant que comme vous l'avez déjà lu, le temps d'apprentissage au licol s'est résumé au strict minimum, c'est à dire le temps du trajet en camion pour venir ici. Alors bien sûr le cumul de tous ces éléments: les miracles qui n'existent pas, le manque de préparation, des vaches plus gentilles que vraiment belles, auxquels je rajoute sans complexe mon manque total d'esprit de compétition, ont contribué à ce que mes deux vaches, Katia et Mimi terminent plutôt en queue de classement. Mais bon, l'essentiel est de ... participer, n'est-ce pas?
Dimanche 22 avril: Rangement de la place de la manifestation dans une ambiance plutôt bon enfant et conviviale. Pour certains, c'est le moment de se faire le film du déroulement de la journée, avec le défilé des « miss » et du suspense entourant la nomination de la grande championne. Une grillade-party clôture ces trois jours de « travail-fête » passés à Malapalud.
Lundi 23 avril: Je n'ai pas attendu pour mettre immédiatement en fonction la petite clochette reçue samedi à Malapalud. Estelle aura l'avantage de la porter durant toute la saison d'alpage qui s'annonce. Du coup, j'ai continué sur ma lancée, et me suis lancé dans la tâche d'équiper chaque vache d'une « senaille ». C'est une étape assez importante dans la saison car elle annonce l'imminence de la montée à l'alpage, montée qui selon les dires de Louis pourrait s'effectuer autour du 10 mai.
Il fait toujours grand beau et chaud, et cette situation pour le moins particulière ne manque pas d'alarmer les agriculteurs. Tout le monde s'accorde à dire qu'une bonne pluie serait la bienvenue et que si elle tarde trop des dégâts irréversibles pourraient survenir aux cultures.
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Mercredi 25 avril: Réception aujourd'hui d'une journaliste et d'un photographe de l'hebdomadaire « Terre et Nature » qui sont venus me trouver pour que je leur parle de ma petite chronique agricole. Je me suis donc laissé aller avec plaisir au jeu de l'interview et répondu à leurs questions; du moins pour celles dont j'avais la réponse! Cette petite séance s'est terminée au milieu des vaches muni de mon ordinateur, pour la prise de quelques photos. Mais il faut là que je vous rassure tout de suite, l'ordinateur dans le pré, c'est uniquement pour les besoins de l'article...! |
Jeudi 26 avril: J'ai profité d'un petit creux dans cette semaine pour consacrer une journée à la préparation des clôtures à la montagne « Chez le Gros », pâturage qui va accueillir les vaches durant tout l'été. C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai pris la route le matin avec l'idée de passer ainsi une journée dans le calme et la tranquillité. Le soleil et la chaleur étaient au rendez-vous et allaient m'accompagner durant la majeure partie de la journée. Seuls durant l'après-midi, de gros nuages gris, quelques coups de tonnerre et de grosses gouttes de pluies vinrent troubler ce tableau idyllique. Rien de bien grave toutefois puisque le soleil se réinstalla rapidement et me permis de terminer le travail que je m'étais fixé.
J'ai pu me rendre compte que cette saison hors norme, avait une bonne semaine d'avance et permettait d'envisager une montée autour du 10 mai. Il ne reste plus qu'à espérer que cette avance de sept jours en début de saison, ne se transforme pas en avance de deux mois concernant la descente à cause de cette sécheresse persistante.
Vendredi 27 avril: L'ensilage de l'herbe, le pendant printanier à celui du maïs en automne, se fait maintenant tout proche et pressant. Toutes les conditions sont réunies pour le réussir: soleil, fourrages en suffisance, stade optimal. Ce travail a d'ailleurs déjà débuté chez Jean-Daniel, chez qui une équipe tourne déjà avec remorques, tracteurs et automotrices. Chaque année le challenge est le même: profiter du stade optimum du fourrage pour le récolter, soit attendre le bon équilibre entre la quantité et la qualité. Ajouter à cela des conditions météorologiques favorables et la disponibilité des hommes et des machines et vous obtenez une situation théoriquement idéale pour l'ensilage. évidemment qu'il n'est pas toujours possible de tout réunir en même temps et qu'il arrive que ce soit la grosse « plantée ». La dernière en date était en 1992! Un souvenir plutôt mauvais puisqu'il était tombé quasiment 80 litres d'eau sur environ 10 ha d'herbe fraîchement coupée. La récolte avait été réellement épique! Et puis le fait d'être en avance dans la saison nous permet également de créer les conditions favorables à la seconde coupe et aux suivantes et de mettre en place la culture du maïs. Pas mal de travail en perspective puisque en un laps de temps assez court, il va falloir faucher, récolter, tasser et couvrir le silo, mener le fumier, labourer herser et semer la maïs. Du travail pour quelques jours qui sera effectué essentiellement par Philippe.
Encore deux mots sur les malheurs de Janine. Cette vache au demeurant très gentille, n'a rien trouvé de mieux à faire en voulant « cavaler » une vache en chaleur, que de glisser et de s'écarteler. Étonnement, elle s'est relevée, mais traînait piteusement la patte comme si elle était cassée. Chose dont nous étions persuadés, Papa et moi. Que faire? Téléphoner au boucher ou au vétérinaire? Finalement elle réussit tout de même à se mouvoir et même à se poser sur sa jambe endolorie, ce qui nous laissait imaginer que ce n'était finalement peut-être pas cassé. Bon laissons là tranquille cette nuit et on verra comment la situation évolue demain.
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Samedi 28 avril: L'ensilage continue aujourd'hui chez Jean-Daniel et Alexi, avec la récolte des parcelles de La Sarraz. Une vingtaine de minutes pour y aller, une vingtaine pour charger la remorque et une dernière vingtaine pour le retour, c'est donc une heure au tour qu'il faut compter. Nous serons cinq convois à nous relayer pour acheminer tout le fourrage jusqu'au silo ici à Bettens. |
Quant à Janine, son état est stationnaire. Elle semble toujours aussi fragile sur sa patte, mais la pose et s'appuie tout de même dessus. Situation à suivre.
Lundi 30 avril: C'est donc aujourd'hui notre tour de procéder à l'ensilage. L'équipe qui va oeuvrer est au complet. Nous nous sommes adjoints pour l'occasion des services de Charles-Edouard qui prendra le volant de notre tracteur et de la remorque. Philippe comme à l'habitude pilotera l'automotrice qui hache et envoie le fourrage dans les remorques. Alexi conduira le deuxième convoi. Et pour ma part, je serais à la maison, plus précisément sur le silo pour y réceptionner et arranger le fourrage que mes deux transporteurs ne manqueront pas de m'amener tout au long de la journée. Il fait grand beau, condition sine qua non pour la réussite d'une telle entreprise, et dès 9h00, tout le monde est à pied d'oeuvre. Alexi, peut-être encore dans des rêveries d'un week-end juste terminé et probablement festif, arrive avec son premier voyage sans penser au magnifique feu tournant qui orne la cabine de son tracteur. Accessoire forcément utile sur la route en regard des machines toujours plus grosses que nous sommes amenés à utiliser, se trouve aujourd'hui superflu ou plutôt faut-il dire inadapté en regard du pont de grange sous lequel il faut transiter pour accéder au silo. Cette inadéquation se résume par 20 cm! Vingt centimètres de trop par rapport à la hauteur maximale possible sous le pont. Alors ni les cris, ni les coups de sifflets désespérés que je lançais ne furent suffisants pour sortir le chauffeur de ses pensées qui l'incitaient à s'engager résolument dans ce passage. Tchack, boing!... Tel fut très sommairement le bruit qui retentit lorsque le feu tournant se trouva subitement arraché de son emplacement pour atterrir un mètre plus bas sur le par-boue, juste retenu par le câble d'alimentation. Finalement rien de bien grave, puisqu'il est conçu pour faire face à ce genre de situation en étant fixé magnétiquement sur le toit de la cabine.
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Puis ce fut au tour du second pilote de se singulariser en exécutant une glissade que Rémy Julienne n'aurait pas renié. Résultat: tracteur et remorque appuyé contre le poteau du portail du parc aux vaches. Mais là également, rien de dramatique. Pitivier l'aurait sans doute exprimé de cette manière: « J'ai glissé chef! ». Ces petites spécialités effectuées, le travail sérieux a pu commencer et au final, le silo s'est rempli d'environ 200 m3 d'un fourrage que je pressens de qualité. Pour vous situer, la date de l'ensilage en 2006 était le 27 mai. |