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Un jumelage à trois LC Heilbronn – LC Bad Frankenhausen – LC Gros-de-Vaud Voyage du 30 septembre au 6 octobre 2006 |
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Samedi 30 septembre: Petit matin pluvieux pour notre départ à Heilbronn et Bad Frankenhausen. Départ pluvieux, mais ponctuel! A 6 h. 45, comme indiqué dans le programme, nous sommes aux ordres de Roland, fins prêts et au complet! Après un petit café prit rapidement à Bâle, nous arrivons à Colmar, charmante ville alsacienne dans laquelle nous découvrons la première des nombreuses oeuvres qu'il nous sera donné de découvrir ces prochains jours: le retable d'Issenheim. Il est conservé au musée d'Unterlinden, un ancien cloître magnifiquement conservé en plein coeur de la ville. Vous découvrirez en cliquant sur le lien suivant, une description très complète de cette pièce. |
Nous sommes en Alsace et il est onze heures! Il serait dommage de ne pas profiter de ces deux conditions exceptionnellement réunies. Seulement le temps disponible est très court, il s'agira d'être rapide et précis! Un estaminet se dresse fort heureusement tout à côté du musée, je l'atteins en quelques enjambées, et après quelques secondes d'attente, je me retrouve à déguster un excellent Riesling!
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Nous reprenons la route en direction de Sessenheim, petit village du nord de l'Alsace. C'est là-bas que nous allons pour la première fois, marcher sur les pas de Goethe et déguster un repas qui va rester dans les mémoires. Commençons tout d'abord par Goethe, celui-ci alors étudiant à Strasbourg, avait l'habitude de venir séjourner dans ce village et noua une idylle avec la fille du pasteur des lieux. « L'idylle de Sessenheim » va rester célèbre et Goethe ne manquera pas de la relater dans son autobiographie. Le repas ensuite, il ne fut qu'une suite de délicieux plats accompagnés d'excellents vins. Cette petite auberge familiale , l'auberge « Au Boeuf » mérite vraiment le détour. Un petit musée permet en plus, d'en découvrir un peu plus sur le séjour de Goethe dans cette localité. |
Depuis que l'Union Européenne ne connaît plus de frontière, les repères manquent parfois pour savoir dans quel pays on se trouve! Ici ce n'est pas le cas: le Rhin est là dans toute sa majesté, pour nous rappeler que nous arrivons bien en Allemagne. A la suite de ce repas mémorable, point de bruit dans le bus qui nous conduit en direction de Heilbronn, le silence n'étant rompu que par quelques ronflements plus ou moins mélodieux, mais somme toute assez répétitifs.
Environ deux heures de routes sont nécessaires pour rejoindre Heilbronn depuis la frontière. A notre arrivée, nous retrouvons une délégation du LC Heilbronn, mais également Marie-France et Patrick qui sont montés en voiture.
La ville d'Heilbronn compte aujourd'hui environ 120'000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Stuttgart, au bord du fleuve Neckar, dans le Land de Bade-Wurtemberg . Elle fut détruite durant la guerre à quasiment 90%! On ne sait pas trop comment la façade de la maison de commune et l'église furent préservées, toujours est-il qu'on peut admirer ces bâtiments rescapés sur la petite place au centre de la ville. Steffen Vollmar m'a expliqué un jour, que les bombardements avaient duré environ 20 minutes, durant lesquelles l'ensemble de la ville fut quasiment détruite! Un véritable tapis de bombes s'abattit sur elle, laissant ici ou là une traînée de maisons intactes correspondant aux bombardiers abattus par la Luftwaffe. Cette nuit là, l'objectif premier de l'escadrille anglaise était la ville d'Ulm située à environ 100 km au sud-est de Heilbronn. Mais là-bas, il y avait du brouillard! Ils se sont rabattus sur l'objectif no 2... Aucune industrie ne fut touchée par les bombes. Aucune fabrique ne s'est arrêtée. Il n'y en avait pas à Heilbronn. Sept mille personnes perdirent la vie ce soir là, essentiellement brûlées par les incendies et asphyxiées dans les abris.
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Le but de notre visite est de fêter dignement le 20ème anniversaire du jumelage entre nos deux clubs. Une magnifique soirée a été organisée par nos amis, durant laquelle plusieurs cadeaux et discours sont échangés. Ces derniers pour nous rappeler les motivations et les événements qui ont conduit à ce « mariage ». En guise de présents, naturellement des bouteilles de notre excellent vin du canton de Vaud ; mais surtout, Hermann a apporté avec lui depuis tout en haut de sa montagne, un magnifique gruyère de l'Etivaz qu'il remet solennellement au Président de Heilbronn: Heinz Weil |
Dimanche 1er octobre: Ce dimanche matin, nous quittons Heilbronn pour prendre la direction de Bad Frankenhausen. Un deuxième car s'est joint à nous. Certains membres du Gros-de-Vaud y sont montés et inversement, des gens de Heilbronn ont pris la peine de faire la route avec nous. A mi-chemin, une pause café est improvisée sur une aire d'autoroute. En fait, il n'est pas très juste de parler d'improvisation, car très rapidement des croissants, des bretzels et des gâteaux surgissent des soutes du bus. Finalement, la seule chose qui manque est ... l'eau chaude! Le thermos chauffant n'a pas fonctionné! Cette pause café se transforme donc par la force des choses en...pause apéro.
Au cours du trajet qui nous mène à Bad Frankenhausen, je découvre une campagne allemande, immense plaine verdoyante et cultivée, qui a conservé un caractère indéniablement sauvage. Des forêts dont les arbres commencent à se décorer de leurs teintes d'automne, des champs à perte de vue et ici et là, des villages aux toits rouges. Parfois la route nous emmène sur une colline d'où l'on se rend mieux compte de l'immensité des lieux et d'où l'on distingue parfois, se dessinant sur l'horizon telle une immense taupinière, un tas de gravats issus d'une mine. Et puis surtout ce qui frappe le plus ce sont ces « forêts » d'éoliennes qui se dressent majestueusement et dont les hélices tournent en cadence au rythme des rafales de vent. L'Allemagne a clairement axé sa politique énergétique sur les énergies renouvelables. Ce pari sur l'avenir énergétique, laisse plutôt sceptique plus d'une personne présente dans le car!
Nouvel arrêt qui est également le premier dans une localité de l'ex RDA. Cette fois-ci dans la petite ville de Bad Langensalza, ville de cure, ville thermale, mais aussi ville de fleurs et de jardins. Je n'ai pas saisi si il était coutumier dans cette région, d'entretenir de si beaux jardins, toujours est-il que la ville en possède quatre. J'imagine que c'était un bon moyen d'occuper et de détendre les curistes durant leurs séjours: calme et beauté, cocktail idéal pour une remise en forme! Nous découvrons ainsi deux de ces parcs: le jardin des roses et le jardin japonais.
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Dernière étape avant notre arrivée à Bad Fankenhausen prévue en fin de journée. Toujours autour de nous, cette campagne immense et vallonnée, alternant champs de colza et parcelles fraîchement labourées. A un moment donné, au détour de la route, nous longeons une parcelle sur laquelle se trouve une culture que je vois pour la première fois, une culture si chère à Talon père: du houblon. Nous traversons également des villages, les maisons y sont coquettes et soignées. Les fleurs encadrent les entrées donnant à l'ensemble une impression de prospérité. Nous l'apprendrons plus tard, il s'agit bien d'une impression, la réalité est tout autre! |
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Nous atteignons enfin Bad Frankenhausen, petite ville de 8000 habitants dans le Land de Thüringe, la ville au clocher tout « maillé »! Il est en effet étonnant de découvrir cette particularité à notre arrivée. Il donne vraiment l'impression de vouloir s'effondrer à chaque instant! Et pourtant notre car vient se parquer tout à côté, augmentant par ce fait mon inquiétude! Mais petit à petit je me fais à cette vision et me dis que si il avait dû s'écrouler, il y a longtemps que ce serait fait! Nous sommes reçus par des membres du club. Certains d'entre nous se connaissent, d'autres se reconnaissent et pour d'autres encore, il s'agira de faire connaissance. En attendant, nous prenons possession de nos chambres et nous nous préparons pour la soirée. |
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Une soirée qui débute à 19h30 précises, avec notre départ en car qui nous mènera tout droit à l'ancien stand de tir qui nous abritera ce soir. Une heure de départ un peu trop précise pour certains qui ne verront que le derrière du bus et qui seront obligés d'affréter un taxi pour nous rejoindre!
Ils auront eu raison d'insister, car nous passons une très bonne soirée, conviviale et chaleureuse. Un magnifique buffet nous était servis, en particulier des spécialités de la région qui nous ont comblé. Il faut encore mentionner qu'une délégation du club italien de Ferrara avait fait le déplacement jusqu'ici et c'est avec plaisir que nous les avons retrouvé ce soir.
Lundi 2 octobre: Cette journée est consacrée au tourisme et sera pour une bonne partie souterraine! En effet, nous allons visiter et découvrir une mine de sel de potasse, qui si elle est toujours en activité a nettement diminué sa production ces dernières années. En contrepartie, l'accent a été mis sur l'exploitation touristique du site. Ce sont ainsi des courses à pied, à vélos qui sont organisées dans les innombrables galeries qui courent sous nos pieds. Certains de ces souterrains ont été agrandis dans le but de créer des salles. Ces dernières accueillent des mariages, assemblées et autre réunions. Une dernière a été quant à elle aménagée comme salle de concert. Nous aurons le plaisir de nous y installer tout à l'heure, mais pour l'instant, nous en sommes à la première étape de cette visite, soit celle du déguisement! En un tour de main, nous nous retrouvons tous habillés d'une grande blouse bleue et décoré d'un magnifique casque jaune canari. Nous prenons donc l'apparence d'un ingénieur des mines s'apprêtant à aller contrôler les installations.
Après un rapide historique des lieux, nous passons à la deuxième étape: la descente! Il aura fallu trois rotations de l'ascenseur pour descendre l'ensemble du groupe, à plus de 500 mètres sous terre. A ce moment j'ai cru discerner ici et là, quelques sourires crispés. Surtout au moment de la fermeture des portes et lorsque la cabine entama sa descente dans les entrailles de la terre.
On nous avait prévenu, mais à notre arrivée à des centaines de mètres plus bas, nous avons été surpris par la chaleur régnant à cette profondeur. Trois camions, sur lesquels nous embarquons nous attendent. Ici débute alors une séance de gymkhana qui va rester dans les anales et dans la mémoire de plus d'un. Imaginé ces véhicules fonçant à des allures vertigineuses, c'est du moins l'impression que nous avons, dans un boyau sombre, étroit et poussiéreux, manquant à chaque contour, non pas de sortir de route puisque nous sommes entourés de murs, mais bel et bien de nous y encastrer. Imaginé cette cargaison humaine ballottée au gré des contours, montées et descentes, secouée telle une bouteille d'Orangina par les accélérations et autres coups de freins dont nous gratifie le conducteur. Ce voyage ressemble à une course poursuite digne des meilleures séries télévisées américaines. Il ne manquera que le carambolage final, chose qui en soit, nous arrange plutôt. Cette expédition est ponctuée d'arrêts plus ou moins longs au cours desquels, des explications concernant cette mine nous sont données. Nous y apprenons entre autres, que le plafond des galeries que nous empruntons a tendance à descendre de quelques centimètres par année, chose qui ne manque pas de nous inquiéter.
La suite est plus tranquille! Nous assistons à un concert de piano dans une salle dont l'acoustique est ma foi fort convenable et au terme duquel, un excellent repas nous sera servi.
De cette épreuve, nous ressortons finalement sains et saufs et retrouvons l'air libre avec un certain soulagement. Nous reprenons la route direction Bad Frankenhausen pour nous rendre sur le site d'une oeuvre monumentale: une fresque panoramique relatant le soulèvement et la guerre des paysans de 1525. Commandée par l'ancien régime communiste, l'artiste Werner Tübke consacrera presque 12 ans de sa vie à la réalisation de cette peinture. Difficile d'assimiler les milliers de détails et d'allusions que l'artiste a voulu transmettre dans son oeuvre. Nous ressortons quelque peu étourdis de cette rotonde qui nous a livré à l'occasion de cette première visite, qu'une partie de ses secrets.
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C'est ensuite la soirée du 15ème anniversaire de la fondation du club de Bad-Frankenhausen. Celle-ci se déroule au coeur d'une immense forêt, la « Kyyfhäuser Gebirge », dans une auberge située au pied du « Kyffauser-Denkmal ». Nous avons vécu là une soirée vraiment sympathique dans un environnement médiéval et rustique. Un magnifique buffet nous attendait et après les discours et les échanges de cadeaux, il y eut même de la place pour la danse. Notre orateur d'un soir ne manqua pas de se défouler à cette occasion et pour certains, le réveil fut plutôt difficile. |
Mardi 3 octobre: Je disais donc réveil difficile. Mais malgré quelques maux de tête pour certains, tous les acteurs de la soirée d'hier étaient là pour saluer notre départ. Nous quittions là non seulement nos amis de Bad Frankenhausen, mais également ceux de Heillbronn sans compter Marie-France et Patrick qui devaient malheureusement rentrer plus vite. Départ émouvant donc, tout le monde ayant sorti les mouchoirs pour nous saluer.
La suite du voyage programmée par Roland, commença par une rapide halte à Eisleben, ville natale de Martin Lüther. Nous découvrons ici une très jolie petite ville avec sur la place, une imposante statue du réformateur. Nous continuons ensuite en direction de Halle. La banlieue de cette ville nous permet d'imaginer ce que put être le quotidien de ses habitants il y a de cela à peine une quinzaine d'années. Mais c'est surtout ici que nous visitons la maison natale de Haendel. Celle-ci transformée en musée, nous permet non seulement de découvrir le parcours de cet artiste précoce et talentueux qui partagea sa vie entre l'Allemagne et Londres, mais également de nous familiariser avec les oeuvres qu'il composa.
Nous sommes accompagné pour notre arrivée à Leipzig, par une petite pluie fine et soutenue. Nous sommes également accueillis par une armée de « CRS » locaux (je ne sais pas comment ils sont appelés ici!), qui surveillent une manifestation organisée par les mouvements d'extrême droite et néo-nazis. Plus loin, nous croiserons effectivement toute une série de jeunes gens tout habillé de noir et visiblement prêts à en découdre avec les forces de l'ordre. En ce jour de fête nationale, cette manifestation est désormais depuis quelques années une tradition. Cette constatation désespère notre guide du jour, pour qui Leipzig a bien d'autres atouts à faire valoir que ce genre d'événements
Leipzig signifie « lieu où l'on trouve des tilleuls ». Ancienne ville universitaire qui a vu naître entre autres, Jean-Sébastien Bach et Richard Wagner, elle est aujourd'hui sans dessus-dessous à cause de cette manifestation. Notre car se faufile entre les groupes de jeunes manifestants et les policiers en treillis militaire. Comme dans le reste de l'Allemagne de l'est, elle compte environ 18% de chômage! Depuis le début de la 2ème guerre, Leipzig a perdu plus de 200'000 habitants! Elle en compte aujourd'hui quelques 500'000. Nous nous dirigeons ensuite sur les lieux du mémorial de la bataille de Leipzig (1813), qui a vu s'affronter les troupes de Napoléon contre celles de l'alliance regroupant la Russie, la Suède, l'Autriche et la Prusse, soit au total plus de 500'000 hommes!. Elle dura quatre jours et 100'000 soldats des deux camps perdirent la vie. L'Empereur remporta la victoire, mais le prix à payer fut si lourd, qu'il est volontiers admis d'affirmer, qu'il perdit ici la guerre.
Le bus nous dépose ensuite sur la « Augustusplatz » d'où nous pouvons admirer le Théâtre, magnifique bâtiment d'une blancheur pour le moment immaculée d'un côté, et la tour de l'université et l'Opéra de l'autre. Certains d'entre nous auront d'ailleurs la chance de pouvoir assister à un concert dans ce dernier. La visite guidée nous conduit dans le centre historique, endroit où nous découvrons de magnifiques bâtiments richement décorés, qui font la renommée de la ville.
Nous disposons ce soir d'une soirée libre! Anne-France et moi, nous mettons à la recherche d'une brasserie dans laquelle nous aurions la possibilité de déguster une bonne bière allemande typique. Le hasard nous fait croiser un pub irlandais...! Nous nous contentons donc d'une Guiness qui fait malgré tout très bien l'affaire. Nous descendons ensuite dans le plus ancien restaurant de Leipzig, la « Auerbachs Keller » immortalisée par Goethe dans son drame « Faust »
Mercredi 4 octobre: Première étape de cette avant-dernière journée: Naumbourg. Nous y visitons l'église St Wenzel dont l'orgue a été complètement restauré très récemment. Le régime communiste d'alors n'avait pas pour habitude et loin s'en faut, d'entretenir les lieux de culte. Cet orgue était tombé dans un tel état de délabrement qu'il a fallu de nombreuses années pour lui redonner son éclat originel. D'ailleurs à son origine, celui-ci avait été mis au point par Jean-Sébastien Bach.
Nous traversons ensuite la ville pour nous rendre à la cathédrale St Pierre et St Paul. En chemin, nous nous arrêtons sur la « Markpatz ». Le marché s'y tient aujourd'hui et nous pouvons admirer outre les diverses marchandises offertes aux passants, les vieilles bâtisses qui entourent cette place. Naumburg a été épargnée par les bombardements ce qui se traduit par la présence de très vieilles maisons. La cathédrale que nous visitons ensuite, se caractérise par une multitude de particularités qui sont vantées et expliquées par notre guide. L'ensemble de celles-ci donnent toute son originalité à cette construction.
La deuxième étape de ce mercredi: Weimar. De toutes les villes visitées à l'occasion de ce voyage, Weimar est celle qui m'aura le plus marqué. Il est difficile de dire exactement quelles en sont les raisons. Peut-être la beauté des bâtiments, la qualité des restaurations qui y ont été effectuées. Ou alors est-ce l'histoire de cette ville dont le nom est étroitement lié à la première république allemande, une histoire culturelle également qui imprégna non seulement l'Allemagne mais qui déborda aussi dans toute l'Europe. Ou est-ce tout simplement la qualité des explications de notre guide qui a su exprimer et nous faire partager sa passion pour cette ville où des hommes illustres comme Schiller ou encore Jean-Sébastien Bach ont séjourné. Mais c'est très certainement Goethe qui contribua le plus au rayonnement culturel et politique de Weimar. Il y séjourna longuement et nous avons le plaisir de visiter la demeure qui fut la sienne et dans laquelle il s'éteint en 1832. J'y apprends pour ma part, qu'il fût non seulement un illustre poète, mais se distingua également comme scientifique, amateur d'art et homme politique.
Nous nous laissons facilement convaincre par notre guide que les trois heures dont nous disposons aujourd'hui pour la visite de cette ville, sont très largement insuffisantes pour s'imprégner de l'ensemble des merveilles qu'elle recèle. Il s'agira donc d'y revenir, ne serait-ce que pour y boire le café qui nous a tant manqué après notre dîner!
La fin de la journée approche, et il s'agit de prendre la route en direction de notre prochaine et dernière étape: Nuremberg. Nous traversons une campagne verdoyante recouverte par endroits de magnifiques forêts de conifères: Nous avons quitté l'ancienne RDA et entrons en Bavière. Notre arrivée dans cette ville qui compte aujourd'hui 500'000 habitants sera nocturne.
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Jeudi 5 octobre: Ce matin, c'est une guide qui nous attend pour effectuer tout d'abord un tour de ville avec le bus et de continuer par une rapide visite du centre ville. Ce dernier a été détruit à plus de 80% durant la guerre, mais sa reconstruction a été effectuée de manière à lui rendre son visage d'antan. Pour Hitler, Nuremberg symbolisait la ville allemande par excellence. Ville impériale, gardienne des insignes de l'Empire durant plus de 300 ans, la Diète y fut régulièrement convoquée durant cette période. Les seigneurs venaient de toute l'Allemagne pour assister aux « Journées impériales » en allemand: « Reichtag » Cette dénomination fut récupérée par le dictateur et il fit de la ville, le siège du parti national socialiste. Notre périple autour de la ville débute avec notre arrivée à l'endroit où le parti national socialiste avait pris l'habitude de tenir ses assises et où il organisait ses immenses rassemblements. Nous entrons avec le bus dans une monumentale arène de briques rouges. Tout ici a l'air d'être laissé à l'abandon, nous sommes seuls au centre de cet espèce de « Colisée » germanique. L'endroit est plutôt sinistre et une ambiance particulière, pesante, règne dans notre bus. Une partie de ce bâtiment abrite désormais le centre de documentation de « Reichsparteitage ». Nous nous dirigeons ensuite sur l'allée des défilés. L'ensemble des installations du parti occupait ainsi quelques 24 hectares. Je le disais plus haut, une ambiance particulière s'est emparée du bus à la vue de ces lieux sinistres et à moitié abandonné. On les dirait porteurs d'une mise en garde! En tous les cas, ces quelques vestiges qu'ils nous ont été donnés de voir ce matin nous font bien comprendre la mégalomanie des nazis. Un peu plus tard, nous passons devant les anciennes casernes et quartier général des « SS ». Occupée par les troupes américaines après la guerre, elle accueille aujourd'hui dans ses murs comme un juste retour des choses, l'office fédéral des demandeurs d'asile! Nous en terminons avec cette partie de l'histoire de la ville, en longeant les murs du tribunal de justice qui abrita le célèbre procès des dirigeants nazis. Un mot encore pour dire combien notre guide a bien su exprimer la difficulté pour les allemands en général, mais surtout pour les « Nurembergeois », de composer avec cette histoire si lourde à porter. |
Mais Nuremberg n'est pas que cela, c'est aussi une ville médiévale avec ses tours (70 encore debout sur 130 qu'elle comptait à l'origine), ses murailles (4 km sur 5) et son château fort. C'est un magnifique centre ville abritant plusieurs monuments de qualité, c'est aussi, l'église St Laurent et St Sebald. Et puis c'est aussi ici que circula le premier train d'Allemagne, il transportait alors deux tonneaux de... bière!
C'était donc notre dernière étape, et il faut désormais penser à la route du retour. L'Allemagne, un grand pays aujourd'hui réunifié avec il faut bien l'avouer, passablement de problèmes apparus avec cette réunification. Nous avons visité de grandes villes d'art et de culture, qui ont toutes été blessées et brisées, conséquences de la démence d'un homme, de la folie des hommes. Des villes aujourd'hui pansées de leurs plaies d'hier et à nouveau prêtes à nous faire découvrir les merveilles qu'elles recèlent. Ce fut pour moi une véritable découverte que ce pays et son histoire. Impossible de rester insensible à ce passé qui a tellement marqué l'Europe.
Quant au contact entre Heilbronn et Bad Frankenhausen, j'y vois le reflet de ce que vit l'Allemagne aujourd'hui: une union forcément légitime mais qui dans les faits ne se fait pas sans heurts et ne va pas de soi, du fait de la trop longue et trop dure séparation des protagonistes.
Je réitère mes sincères remerciements aux organisateurs de ce voyage.
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ci-dessous, l'article à paraître dans la revue Lions
Lions Clubs Gros-de-Vaud, Heilbronn et Bad Frankenhausen
Un jumelage à trois qui fête ses 20 ans.
Vingt années de jumelage! Voilà ce qu'une délégation du LC Gros-de-Vaud est partie fêter chez ses amis de Heilbronn au tout début du mois d'octobre. Heilbronn est une petite ville d'Allemagne de 120'000 habitants, située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Stuttgart, au bord du fleuve Neckar, dans le Land de Bade-Wurtemberg.
Vingt années de contacts, d'échanges qui ont su malgré la barrière de la langue, perdurer durant toute cette période. Et puis, bien sûr, il y a Bad Frankenshausen, petite ville de 8000 habitants de l'ex-Allemagne de l'Est dans le Land de Thüringe, avec qui certains membres du LC Heilbronn entretenaient malgré le rideau de fer, ou faut-il plutôt dire à cause de cette déchirure, des relations étroites et parfois clandestines.
Deux anniversaires en l’espace d’une visite
Les membres du LC Gros-de-Vaud furent les témoins privilégiés de ces contacts et de cette volonté de maintenir le fil ténu existant malgré tout entre les deux Allemagnes. Et lorsque, faisant suite aux événements que l'on connaît tous, cette sinistre barrière s'effondra, c'est presque naturellement que le LC Gros-de-Vaud fut associé à la naissance d'un nouveau club allemand: le LC Bad Frankenhausen. C'était il y a 15 ans. Vous l'aurez donc compris, nous avons eu le plaisir de fêter deux anniversaires en l'espace d'une visite.
Première étape donc à Heilbronn, ville que nous connaissons désormais bien et où nous avons participé à une soirée organisée par le club du lieu, durant laquelle nous avons pu échanger cadeaux et discours. Le lendemain, accompagnés des membres du LC Heilbronn, ce fut le départ en direction de Bad Frankenhausen où nous étions attendus et reçus par le Club. Comme mentionné plus haut, nous sommes arrivés dans une petite ville, calme et campagnarde, comme nous en connaissons au LC Gros-de-Vaud. Arrêtons là la comparaison, car la situation économique est ici très critique. Cette ville s'est vidée de sa jeunesse, partie à l'étranger chercher du travail que l'Allemagne n'est plus capable de fournir. En 15 ans, elle a perdu plus de 10% de sa population! Le rideau de fer est tombé mais une nouvelle déchirure est apparue: 10% de chômage dans l'ancienne Allemagne de l'Ouest, 18% dans l'ex-RDA. On ne peut dès lors que constater, que les contacts entre clubs de « l'Ouest » et de « l'Est » ont plus que jamais leur raison d'être et doivent non seulement être maintenus mais également soutenus.
Le voyage ne s'est pas terminé ici, les Lions du Gros-de-Vaud ont poursuivi leur périple en direction de l'est avec des haltes dans les villes de Eisleben ville natale de Martin Lüther, puis de Halle et Leipzig. Citons encore Naumburg et puis bien sûr la magnifique ville de Weimar, dans laquelle Goethe vécut de nombreuses années. Sur le chemin du retour : halte à Nüremberg, ville impériale gardienne des sceaux de l'empereur,. mais ville surtout connue par le procès qui s'y est tenu il y a une soixantaine d'années. La personne qui guidait le groupe dans cette ville a bien su exprimer la difficulté pour les Allemands en général, mais surtout pour les habitants de Nüremberg, de composer avec une histoire si lourde à porter.
L’arrivée à Echallens a mis un terme à ce voyage riche d'échanges, de découvertes et d'enseignements. Il a permis de resserrer les liens non seulement avec les amis Lions allemands mais également entre les membres du LC Gros-de-Vaud. Profitons de l'occasion pour remercier particulièrement Hermann Daenzer, André Jordan et surtout Roland Thomas qui ont organisé d'une manière remarquable cette visite en Allemagne.
Laurent Magnin